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15 avril 2026Kering : Le marché doute d’un retour à la croissance chez Gucci, Kering subit un dur retour à la réalité en Bourse et plonge de 8%
Analyse : Voici ce que notre équipe retient de cette information.
Voici notre analyse rapide sur « Kering : Le marché doute d’un retour à la croissance chez Gucci, Kering subit un dur retour à la réalité en Bourse et plonge de 8% ».
À retenir absolument
(BFM Bourse) – Le groupe de luxe a livré une croissance décevante au premier trimestre pour sa marque phare. Les investisseurs prennent un peu plus conscience que le redressement de la griffe transalpine ne se fera pas d’un claquement de doigts.
Avec l’arrivée de Luca de Meo à sa tête, Kering a connu une lune de miel avec le marché. L’action avait repris plus de 50% depuis mi-juin, lorsque la famille Pinault avait choisi le désormais ex-patron de Renault pour relancer le groupe de luxe, plombé depuis plusieurs années par la chute des ventes de Gucci.
De Meo a pris une série de premières initiatives jugées tranchantes par les investisseurs. Inconnu du monde du luxe, le « car guy » a opéré une réorganisation managériale, acté le report à 2028 au plus tôt du rachat de Valentino, et cédé la division « beauté » (c’est-à-dire les parfums) à L’Oréal.
Ses premières indications sur la stratégie plus globale, comme la volonté de travailler en amont de la chaîne de production (achats, procédures manufacturières, logistique) ou d’augmenter la productivité (les ventes au mètre carré) ont été plutôt bien reçues par le marché.
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L’incertitude Gucci
La société tiendra d’ailleurs, jeudi 16 avril, c’est-à-dire demain, une journée dédiée aux investisseurs à Florence durant laquelle Luca de Meo développera sa feuille de route en plusieurs axes.
Reste que la clef de revalorisation en Bourse de Kering demeure Gucci, la griffe italienne pesant pour 40% des ventes et 60% du résultat opérationnel de la société.
Plusieurs analystes estiment que le marché a pu aller un peu vite en besogne sur ce point. Par exemple, Citi prévenait fin mars que « le calendrier du redressement de Gucci reste incertain et sera probablement plus progressif, compte tenu du contexte macroéconomique difficile et des tensions géopolitiques persistantes ».
la communication des revenus de Kering, livrée mercredi soir après la clôture du marché, leur donne raison.
Déception au premier trimestre
Au premier trimestre 2026, la société a dégagé des revenus de 3,57 milliards d’euros, en baisse de 6% en données publiées, et de 0% en données comparables c’est-à-dire hors effets de changes et de périmètre.
Cette performance globale s’avère en ligne avec les attentes des analystes. Mais le marché garde les yeux rivés sur Gucci.
Or la marque italienne a accusé une baisse de ses revenus de 8% en données comparables, un chiffre nettement inférieur aux attentes du consensus (la prévision moyenne des analystes) qui voyait la griffe limiter la casse avec une baisse de 6% en données comparables.
« Les revenus du premier trimestre sont en ligne avec les attentes, mais un Gucci plus faible qu’attendu cause la consternation », tranche Deutsche Bank.
L’action du groupe dévisse de 8% vers 16h15 ce mercredi 15 avril en réaction à ces annonces.
Gucci a été porté par la bonne dynamique de l’Amérique du Nord, avec une croissance de 8% en données comparables. Mais toutes les autres régions ont affiché des baisses très prononcées, avec notamment une chute de 12% en Europe de l’Ouest, de 14% en Asie-Pacifique, et de 24% au Japon.
« La divergence des performances de Gucci entre l’Amérique du Nord et les autres régions doit être mieux comprise, car il est difficile de déterminer si les États-Unis constituent un modèle pour les autres régions en termes de pertinence produit et culturelle », écrit Deutsche Bank.
Doutes sur les objectifs
À l’issue de cette publication, Kering a confirmé et même précisé ses objectifs pour l’année en cours. La société a indiqué viser un retour à la croissance pour toutes ses marques (y compris Gucci), à l’exception d’Alexandre McQueen, et améliorer la marge opérationnelle courante, rapportent plusieurs analystes.
« Au vu d’un premier trimestre encore en baisse significative et d’un effet graduel sur les prochains trimestres des nouvelles collections, l’objectif d’une croissance positive chez Gucci nous semble devenir difficile à atteindre », prévient Oddo BHF.
« Si la trajectoire du groupe va définitivement dans le bon sens sous l’égide du nouveau directeur général (Luca de Meo donc, NDLR), le redressement de Gucci ne s’inscrit pas encore dans les chiffres et son timing demeure incertain », poursuit le courtier.
Les analystes de Berstein parlent eux d’un « retour à la réalité » pour Kering. « L’activité du premier trimestre confirme ce que nous avons observé à maintes reprises avec les ‘self help stories’ (les dossiers boursiers qui présentent un potentiel à condition de redresser leur activité, NDLR): il est plus facile et plus rapide pour le marché de croire à une reprise que pour la direction de la mettre en œuvre », cingle l’intermédiaire financier.
Comme Oddo BHF, Bernstein se montre sceptique sur les perspectives d’un retour à la croissance de Gucci, qui lui apparaît comme « une tâche ardue ».
« Si la marque ‘Gucci by Demna’ (du nom de Demna, le nouveau directeur artistique de Gucci, NDLR) a peut-être séduit les Américains, l’intérêt des autres nationalités reste encore à susciter », prévient Bernstein.
« La direction met en avant des améliorations progressives de la croissance à périmètre comparable, des ventes au détail et/ou de la part de chaque nationalité, mais le consommateur chinois, pourtant crucial, affiche probablement encore une baisse d’environ 15%. De nouveaux produits dérivés, de nouvelles actions marketing et une nouvelle approche du marché chinois pourraient contribuer à inverser cette tendance, mais le contexte macroéconomique demeure incertain et les bases de comparaison se durcissent », développe Bernstein.
« À moins d’un miracle de la part de la direction (ou peut-être du président Trump) cette semaine, nous pensons que la réalité, et la difficulté, du redressement des marques vont commencer à se faire sentir » chez Kering, conclut l’intermédiaire financier.
La direction de la société s’efforcera donc de renverser la vapeur jeudi, lorsqu’elle présentera le plan de Luca de Meo, qui, selon les analystes, s’appellera « ReconKering ».
« Nous attendons du nouveau directeur général qu’il présente un plan pour redonner de l’attrait à l’entreprise et atteindre les objectifs à moyen terme en matière de partage des actions », écrit Barclays.
Jefferies, de son côté, doute que cet évènement fournisse les bons indicateurs au marché pour évaluer le potentiel de hausse de l’action Kering.
Julien Marion – ©2026 BFM Bourse
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Source : www.tradingsat.com
Conclusion : Notre équipe continuera d’examiner les faits et de proposer des analyses.

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