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15 avril 2026Analyse : Notre équipe offre une vue générale sur cette actualité récente.
Notre rédaction a sélectionné quelques points clés concernant « le vent tournerait-il en Europe ? ».
Points essentiels de l’article
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On n’avait pas reçu une aussi bonne nouvelle depuis très longtemps en Europe. La large défaite du national-populiste hongrois Viktor Orbán constitue un vrai motif d’espoir pour les démocrates européens, autant qu’un sévère coup de semonce pour l’extrême droite mondiale. Orbán, leader autoritaire et chantre de la « démocratie illibérale », qui a méthodiquement sapé l’Etat de droit en affaiblissant tous les contre-pouvoirs, a été défait par Péter Magyar, un homme issu de son camp, qui a fait campagne contre la corruption et la vassalisation du pays à Poutine.
Orbán, l’épine dans le pied de l’Union européenne, l’agent d’influence de Trump et l’inspirateur de tous les nationaux-populistes du Vieux Continent, a chuté après seize ans de règne sans partage. Celui qu’on pensait indéboulonnable a été chassé du pouvoir par les Hongrois, pourtant exposés sans relâche à sa propagande. Mais les urnes ont parlé, et elles sont sans appel : les peuples finissent toujours par demander des comptes, même à ceux qui veulent les bercer d’illusions.
L’usure du national-populisme
La victoire du nouveau Premier ministre, Péter Magyar, est d’autant plus impressionnante que son parti, Tisza, a remporté la majorité absolue au Parlement, ce qui devrait lui laisser les mains libres pour « détricoter » le verrouillage institutionnel forgé par Orbán. Il disposera ainsi d’une marge de manœuvre législative plus large que le libéral polonais Donald Tusk, qui, après avoir ravi le pouvoir à l’extrême droite en 2023, peine toujours à rétablir l’Etat de droit dans son pays. Il n’empêche, en Pologne comme en Hongrie, c’est bien l’usure du national-populisme, la corruption endémique qu’il engendre et surtout les difficultés économiques qu’il accumule qui ont eu raison de sa popularité supposée. Après la Roumanie en 2025, qui avait résisté à la tentative de manipulation russe de son scrutin présidentiel, la défaite d’Orbán est un nouveau coup dur pour l’extrême droite européenne, dont l’influence régresse au sein du Conseil européen. Même Giorgia Meloni, empêtrée elle aussi dans les affaires internes, a récemment perdu le référendum qu’elle avait initié pour museler la magistrature italienne.
Le vent tournerait-il en Europe, et au-delà ? La défaite d’Orbán constitue, en tout cas, une vraie fissure dans le front des autocrates du monde entier. Elle marque un échec cuisant pour Poutine, qui perd avec l’ancien Premier ministre hongrois son cheval de Troie au sein de l’Union européenne, et le verrou qui empêchait jusqu’ici les Vingt-Sept d’adopter un prêt de 90 milliards d’euros d’aide promis à l’Ukraine. C’est un net recul pour le président russe qui n’a eu de cesse de placer ses pions dans les anciens pays satellites soviétiques et qui, n’en déplaise aux idéologues de Moscou, n’a pas réussi à vaincre son voisin ukrainien en quatre ans de conflit.
Même revers d’importance pour Donald Trump, qui n’a jamais caché son admiration pour Orbán, et qui avait expédié à Budapest le vice-président J. D. Vance pour peser sur le scrutin. On apprécie le résultat : il est permis de penser que ce déplacement s’est révélé totalement contre-productif aux yeux d’une population hongroise touchée, comme le reste du monde, par les conséquences désastreuses de la politique internationale de Trump.
Pour l’extrême droite française, et particulièrement pour le Rassemblement national, la défaite de Viktor Orbán est aussi un sérieux coup de semonce. Il y a quelques jours, Marine Le Pen s’était elle aussi rendue à Budapest pour soutenir son « ami » Orbán, qualifié alors de « visionnaire » et de « pionnier ». La victoire de Péter Magyar, acquise sur un programme pro-européen et anti-Poutine, vient doucher cet enthousiasme affiché. Elle confirme combien le contexte international pèse désormais fortement dans les scrutins européens, à l’heure où la guerre en Iran, devenue incontrôlable, révèle la folie de Trump et où les ingérences russes constituent un puissant repoussoir. Espérons que la future présidentielle française ne fasse pas exception.
Source : www.nouvelobs.com
Conclusion : Notre rédaction reste attentive à l'évolution de cette actualité.

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