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17 avril 2026Alstom : Cibles de moyen terme retirées, 1,5 milliard de cash brûlé au premier semestre…Alstom plonge de 28% en Bourse après avoir encore émis un lourd avertissement sur résultats
Analyse : Quelques éléments à retenir de cette information pour nos lecteurs.
Nos journalistes proposent un aperçu de l'article « Alstom : Cibles de moyen terme retirées, 1,5 milliard de cash brûlé au premier semestre…Alstom plonge de 28% en Bourse après avoir encore émis un lourd avertissement sur résultats ».
À retenir
(BFM Bourse) – L’équipementier ferroviaire a annoncé jeudi après la clôture du marché une série de mauvaises nouvelles, avec une marge d’exploitation inférieure aux attentes pour l’exercice clos en mars, une lourde consommation de trésorerie pour les six premiers mois de celui en cours, et l’abandon de ses cibles de moyen terme. Le directeur général Martin Sion a admis que des problèmes d’exécution doivent être résolus.
Les vieux démons d’Alstom semblent revenir le hanter. Le fabricant du TGV avait échaudé à de nombreuses reprises le marché en lançant des avertissements sur résultats, notamment en juillet 2021, et, surtout, en octobre 2023.
L’action de l’équipementier ferroviaire avait alors plongé de 37,58% sur une séance, accusant alors l’une des plus fortes baisses jamais enregistrées par un groupe du CAC 40 (que le groupe a quitté en mars 2024).
Alstom semblait avoir retrouvé une certaine forme de stabilité opérationnelle ces deux dernières années. Mais, malheureusement pour ses actionnaires, l’accalmie n’a pas duré.
L’industriel s’effondre une nouvelle fois en Bourse, ce vendredi , chutant de 28,4%% vers 11h10, ce vendredi 17 avril, après avoir émis un nouveau « profit warning » et annoncé une batterie de mauvaises nouvelles (rentabilité inférieure aux attentes, lourde consommation de trésorerie).
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La marge manque le coche
Jeudi soir, Alstom a livré des données préliminaires sur la clôture des comptes de son exercice 2025-2026.
La société a dégagé une croissance robuste de ses commandes (42% en données comparables), et de son chiffre d’affaires (7%).
Indicateur le plus surveillé du marché, le flux de trésorerie libre s’est inscrit à 330 millions d’euros, à peu près au milieu de la fourchette anticipée par Alstom (entre 200 millions et 400 millions d’euros). Ce niveau de génération de cash est jugé comme étant « correct » par Oddo BHF.
A contrario, l’équipementier ferroviaire a manqué le coche sur sa rentabilité. Alstom a estimé à environ 6% sa marge d’exploitation ajustée pour l’exercice, un taux très éloigné de sa prévision, puisque le groupe visait un chiffre d’environ 7%. Cette cible avait été encore confirmée il y a quelques mois.
Arrivé il y a seulement une quinzaine de jours à la tête de la société en provenance d’ArianeGroup, le nouveau directeur général du groupe, Martin Sion a expliqué que cet impair était dû à plusieurs facteurs.
Le dirigeant a indiqué que la montée en cadence de la production sur des nouvelles plateformes de matériel roulant n’a pas été aussi rapide qu’espéré sur les trois derniers mois de l’exercice. Martin Sion n’a pas donné de cas précis, mais Oddo BHF pense que la plateforme de trains électriques régionaux Coradia Max est concernée par ces problèmes.
De plus, Alstom n’est pas parvenu à remettre d’équerre comme il le souhaitait des projets qui ont rencontré des difficultés au début de leur cycle d’exécution. « Il est également juste de reconnaître que la situation actuelle au Moyen-Orient a ajouté des contraintes », a reconnu Martin Sion.
« Ces éléments ont donné lieu à une hausse sensible des coûts à terminaison et donc un poids négatif sur la marge brute, malgré des coûts fixes abaissés », explique Oddo BHF.
Remise à plat des perspectives
Les investisseurs auraient peut-être pu pardonner cet écart sur la rentabilité de l’exercice 2025-2026 s’il ne s’accompagnait pas d’un lourd avertissement pour l’exercice en cours sur le cash.
Pour 2026-2027, le directeur financier, Bernard Delpit, a indiqué que la société s’attendait à des marges brutes plus faibles que précédemment anticipé et opérerait des investissements destinés à soutenir la croissance de son activité de services. Ces éléments pèseront sur la génération de trésorerie.
De plus, Alstom fera face à son habituelle saisonnalité défavorable au premier semestre (période qui va d’avril à fin octobre), où la société collecte beaucoup moins de cash qu’au second en raison notamment des vacances estivales.
Pour ces raisons, le groupe a prévenu qu’il brûlerait 1,5 milliard d’euros de trésorerie sur les six premiers mois de son exercice 2026-2027.
Alstom compte parvenir à un flux « positif » sur l’ensemble de l’exercice. Mais le groupe a renoncé à ses deux objectifs de moyen terme.
L’entreprise a abandonné son objectif de flux de trésorerie cumulé de 1,5 milliard d’euros sur les exercices allant de 2024-2025 à 2026-2027 qui aurait impliqué un cash d’environ 670 millions d’euros en 2026-2007.
La société a également renoncé à atteindre une marge opérationnelle ajustée comprise entre 8% et 10% pour l’exercice 2026-2027. Le groupe vise un taux de 6,5% pour cette année fiscale.
« Certes, l’arrivée d’un nouveau directeur général laissait craindre un ajustement des objectifs, mais ce dernier est d’une ampleur inédite et rouvre à nouveau une période de faible visibilité (et donc de forte volatilité du titre) », écrit Oddo BHF.
« Alstom a produit son deuxième grand ‘warning’ en trois ans », rappelle, de son côté, Barclays, ajoutant que « sa crédibilité vacille ».
Un marché à bout de patience?
Deutsche Bank, pour sa part, a abaissé son conseil à « conserver » contre « acheter » précédemment sur le titre, ce vendredi.
« La patience (du marché, NDLR) est sévèrement testée », avance la banque allemande.
« L’indication d’un flux de trésorerie négatif de 1,5 milliard d’euros au premier semestre, selon nous, jette de sérieux doutes sur la capacité du groupe à rattraper pleinement son retard au second semestre. Le manque à gagner en flux de trésorerie sera probablement perçu comme un coup porté à la crédibilité du directeur financier (Bernard Delpit, NDLR), qui a été auparavant très respecté », tranche Deutsche Bank.
Martin Sion a assuré aux analystes qu’il s’efforcerait de corriger le tir. « Je vais être très clair, ce n’est pas ainsi que je m’attendais à débuter mon mandat », a déclaré le directeur général.
« Les résultats financiers sur la génération de trésorerie ne sont pas au niveau que l’on est en droit d’attendre en particulier avec un carnet de commandes de 100 milliards d’euros dans un secteur en croissance », a-t-il poursuivi.
La dichotomie entre les succès commerciaux d’Alstom et ses multiples déceptions sur les résultats s’expliquent par le événement que le groupe évolue dans un métier de pilotage de projets. Le moindre impair se traduit cash par des retards ou des difficultés sur des jalons cruciaux pour ses finances. Ce qui demande une exécution rigoureuse.
Or sur ce point, le groupe a failli, a convenu Martin Sion. « Notre capacité à respecter les plannings n’est pas assez forte, or dans une activité de projet, tenir le planning est essentiel », a ajouté le directeur général.
« Aujourd’hui, le mouvement, l’industrialisation, le processus manufacturier ne sont pas toujours alignés sur plusieurs sites , ce qui crée de la complexité. Dans certains cas la production avance alors que l’homologation est en cours », a-t-il encore constaté.
En conséquence, « ma priorité sera de mettre en œuvre des changements opérationnels profonds pour améliorer la qualité de l’exécution », a promis Martin Sion. « Pour faire court, cela veut dire une exécution plus stricte au quotidien, davantage discipline sur le planning et une meilleure coordination entre l’ingénierie, la chaîne d’approvisionnement et la production », a expliqué le directeur général.
L’oeil de Moody’s en question
Le dirigeant a également indiqué que la société allait mener une réflexion sur une stratégie commerciale davantage axée sur les produits et continuerait d’améliorer les résultats dans les services et la signalisation, où il voit « davantage d’opportunités ».
En parallèle, Alstom va passer en revue ses portefeuille de projets et son empreinte industrielle, de façon à déterminer « où il faut ajuster et où il faut accélérer ».
« Restaurer la performance dans le matériel roulant est (…) un pas nécessaire pour exécuter le carnet d’ordres et préparer le groupe pour une génération de cash soutenable et une croissance rentable », a conclu Martin Sion.
La société devrait donner de nouvelles cibles à moyen terme plus tard cette année, Oddo BHF attendant la fin 2026.
Citi se veut constructive et réitère son opinion à l’achat sur le titre, ce vendredi. « Nous pensons qu’Alstom a énormément changé au cours des 2-3 dernières années et considérons cet avertissement comme un retard, mais non un échec, de la reprise » de ses résultats, écrit la banque américaine.
Même Deutsche Bank considère que « tout n’est pas perdu ». Le groupe n’a pas de problème demande, comme en témoigne des prises de commandes record sur le dernier trimestre de l’exercice 2026-2027.
« Les problèmes d’Alstom sont auto-infligés et nécessitent une planification plus rigoureuse, une exécution disciplinée, une meilleure coordination entre les différents départements et, peut-être, une stratégie commerciale plus ciblée, tous des points que le nouveau directeur général Martin Sion entend aborder au fil du temps », poursuit la banque allemande.
Deutsche Bank considère en outre que la rentabilité du groupe devrait s’améliorer ces prochaines années, car le carnet de commandes présente des projets avec une marge brute plus élevée.
un aspect clé important sera de connaître les vues de Moody’s, l’agence qui note la dette d’Alstom. Bernard Delpit s’est voulu rassurant sur ce point, jugeant que le bilan financier de l’équipementier ferroviaire était suffisamment robuste pour conserver les bonnes grâces de l’agence. Ce qui exclut une potentielle augmentation de capital.
Barclays, un « bear » (c’est-à-dire un analyste pessimiste) notoire sur le dossier, n’est pas convaincu pour autant. La banque britannique estime que la note de crédit de la société « Baa3 ») est « à risque ».
A contrario, Deutsche Bank considère que le bilan de la société « reste sous contrôle ». « Nous comprenons que Moody’s (qui a récemment confirmé la notation) a été tenu informé des développements récents, tandis que nous pensons que les indicateurs de crédit du groupe justifient probablement encore le statut ‘investment grade’ (la note de crédit actuelle du groupe qui range la société de justesse dans la catégorie des bons élèves, NDLR », écrit la banque allemande.
Julien Marion – ©2026 BFM Bourse
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Source : www.tradingsat.com
Conclusion : La rédaction reste attentive et continuera à observer les faits.

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