
Les contours d’un accord se dessinent avec des concessions majeures à l’Iran
17 avril 2026
Une vidéo montre des navires s’éloignant du détroit d’Ormuz malgré l’Iran qui l’a déclaré ouvert
17 avril 2026La France et ses alliés posent les bases d’une future mission de sécurisation du détroit d’Ormuz
Analyse : Les rédacteurs ont examiné cette actualité pour en tirer quelques conclusions.
Un résumé rapide de « La France et ses alliés posent les bases d’une future mission de sécurisation du détroit d’Ormuz » selon notre rédaction.
Éléments à garder en tête
Alors que les Iraniens annonçaient la réouverture du détroit d’Ormuz, une quarantaine de pays était réunie, vendredi 17 avril, pour discuter de l’avenir de ce couloir maritime, dont le blocus a de fortes répercussions sur l’économie mondiale. Au centre des discussions, à l’initiative de la France et du Royaume-Uni : la sécurisation de la zone, afin d’accompagner les navires marchands qui naviguent dans le Golfe.
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Emmanuel Macron et Keir Starmer ont été pris de court ce 17 avril : alors que les dirigeants français et britanniques étaient en réunion avec une quarantaine de pays pour décider du lancement d’une initiative de sécurisation du détroit d’Ormuz, ils ont été surpris par un tweet du chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi. « Conformément au cessez-le-feu au Liban, le passage de tous les navires commerciaux par le détroit d’Ormuz est déclaré entièrement ouvert pour la durée restante du cessez-le-feu », a-t-il écrit.
« Tout cela va dans le bon sens », a aussitôt réagi le président français, qui a pour autant regretté les conditions imposées par Téhéran, ainsi que le maintien du blocus du détroit par l’armée américaine. Début mars, Emmanuel Macron avait lancé l’idée d’une mission pour accompagner la réouverture de cette langue de mer qui sépare l’Iran des pays du Golfe, une fois que les armes se seraient tues. La décision iranienne est donc tombée à point nommé et « l’initiative que nous avons tenu tous ensemble aujourd’hui est encore plus légitime, parce qu’elle est ce qui va venir consolider ces annonces à court terme, et surtout leur donner la possibilité de tenir dans la durée ».
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Paris et Londres sont à la manœuvre, comme ce fut le cas en mars dernier pour la coalition des volontaires pour l’Ukraine. Une fois le conflit entre l’Iran et les États-Unis totalement terminé, une mission internationale, « neutre et indépendante, bien distincte des belligérants », pourrait venir sécuriser le détroit afin d’accompagner les navires marchands qui transiteront dans le Golfe. Outre les Européens, le président sud-coréen Lee Jae-myung a participé à cette réunion, ainsi que d’autres États asiatiques, comme la Chine et le Japon, ou du Moyen-Orient, dont l’Arabie saoudite et le Qatar, mais à un niveau ministériel ou inférieur.
Une dizaine de pays, peut-être une quarantaine
Jusqu’ici, une dizaine de pays a confirmé leur participation. En tout, une quarantaine pourrait y participer. Aux côtés d’Emmanuel Macron et de Keir Starmer, Giorgia Meloni, la présidente du Conseil italien, ne s’est pas encore prononcée. De son côté, Friedrich Merz, le chancelier allemand, s’est distingué, souhaitant la participation de la partie américaine. Une option qui ne serait pas envisageable pour Emmanuel Macron, qui ne souhaite pas intégrer une partie au conflit dans la mission.
« Une telle participation pourrait inclure le déminage et la reconnaissance maritime. Nous sommes capables de le faire », a expliqué le chancelier allemand. « Par conséquent, nous participerons aux discussions ultérieures sur la planification militaire », a-t-il ajouté. Une nouvelle réunion doit se tenir la semaine prochaine à Londres pour définir les contours de cette planification militaire, a concédé le Premier ministre britannique.
« Aucun intérêt »
« En réalité, une telle initiative n’a aucun intérêt », tranche l’ancien officier français Guillaume Ancel. Un accord américano-iranien, même imparfait, serait synonyme de la réouverture complète de la circulation maritime dans Ormuz. « Et au fond, quelle serait la menace contre le trafic maritime ? », interroge l’auteur du blog « Ne pas subir ».
Donald Trump, lui, a multiplié les déclarations dans une série de postes contradictoires sur son réseau Truth Social. S’il s’est félicité de la réouverture du détroit d’Ormuz, allant jusqu’à remercier l’Iran, il a également affirmé maintenir son blocus militaire sur la zone. Et de réagir, sans citer l’initiative : « Maintenant que la crise du détroit d’Ormuz est terminée, j’ai reçu un appel de l’Otan me demandant si nous avions besoin d’aide. JE LEUR AI DIT DE RESTER A L’ÉCART, À MOINS QU’ILS NE VEUILLENT SIMPLEMENT REMPLIR LEURS NAVIRES DE PÉTROLE. Ils se sont montrés inutiles au moment où on avait besoin d’eux, un tigre de papier ! »
Très honnêtement, cette initiative franco-britannique, mais en fait avec une trentaine de pays, d’aller sécuriser le détroit d’Ormuz une fois que la guerre serait terminée, n’a aucun intérêt. Si ce n’est de dire que l’on n’acceptera pas reste sous le joug de l’Iran ou des États-Unis qui s’en servirait comme d’un levier dans une espèce d’affrontement continuel. Mais en réalité, la circulation maritime reprendra une fois que l’affrontement entre les États-Unis et l’Iran sera terminé. Et donc, s’il y a un accord, ce qu’annonce Trump et ce qui est assez probable comme son ultimatum court jusqu’au 21 avril et donc il ne reste beaucoup de temps, il va trouver un accord même imparfait et à ce moment là la circulation se rétablira d’elle-même parce que, au fond, qu’elle serait la menace contre la circulation maritime à partir du moment où l’Iran ou les Etats-Unis laisseraient circuler les navires ?
Guillaume Ancel, ancien officier français et auteur du blog « Ne pas subir ».
Source : www.rfi.fr
Conclusion : Les développements à venir permettront de compléter notre point de vue.

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