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14 avril 2026Touché par le conflit au Moyen-Orient, LVMH reste confiant pour la suite
14 avril 2026Analyse : Notre équipe propose une lecture synthétique de cette actualité.
Un résumé concis de « Au Moyen Orient, les illusions qui empêchent de vraies négociations » selon notre équipe.
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Samedi à Islamabad, aujourd’hui à Washington… La diplomatie tente avec difficulté de trouver sa place dans le fracas des guerres du Moyen Orient.
Ce qui s’est passé au Pakistan entre Américains et Iraniens, et ce qui risque de se passer à Washington aujourd’hui entre les ambassadeurs d’Israël et du Liban, n’est que l’esquisse d’une négociation. Les choses sérieuses n’ont pas encore commencé.
Certes, les deux rencontres sont assez inédites : entre Américains et Iraniens c’était le plus haut niveau de rencontre depuis la naissance de la République islamique en 1979 ; idem entre Israéliens et Libanais, il faut remonter loin ; les deux pays voisins, sans relations diplomatiques, ont connu plus de guerres et d’occupation que de négociations.
Mais il ne suffit pas de se rencontrer pour que cela devienne une négociation : il faut que cela intervienne au bon moment dans le conflit. Clairement, ce n’est pas le cas, dans les deux sillons parallèles, ce qui rend la période dangereuse.
Il y a encore l’illusion, de part et d’autre, de pouvoir gagner plus par les armes ou la ruse que par la négociation. A Islamabad, le vice-président américain J.D. Vance a déclaré, avant de reprendre l’avion pour Washington, après 21h de discussions : « ils n’ont pas accepté ‘our terms’, nos conditions ».
Cette phrase en dit long : demander à l’autre partie d’accepter une liste de conditions, ce n’est pas de la négociation, c’est une demande de capitulation. C’est révélateur du fait que Donald Trump répète que l’Iran est à terre et ne demande qu’à se rendre. Il ne comprend pas que les Gardiens de la Révolution ne voient pas du tout les choses comme lui : pour eux, avoir survécu à 25 000 bombardements américains et israéliens constitue une victoire, et l’ambiance à Téhéran n’est pas à la capitulation.
Les survivants du régime pensent également détenir une botte secrète avec le blocus du détroit d’Ormuz, qui va, selon eux, forcer le président américain à céder le premier, en raison de la pression des marchés et de son opinion publique.
Tant que les deux se font des illusions sur l’autre, la négociation n’est pas mûre, même si, semble-t-il, des discussions parallèles se déroulent depuis l’échec d’Islamabad. En attendant, c’est dans le détroit d’Ormuz que ça se passe.
Pour le Liban aussi, il y a un marché de dupes. Israël n’a accepté de rencontrer le gouvernement libanais que pour contrer la demande de cessez-le-feu dans sa guerre avec le Hezbollah. Le jour du cessez-le-feu en Iran, le 8 avril, a été le plus meurtrier au Liban : 350 morts.
Les Israéliens ne renonceront pas à une opportunité historique de détruire le mouvement chiite et de créer une zone de sécurité dans le sud. Le gouvernement libanais veut lui aussi désarmer et neutraliser le Hezbollah ; mais tout le monde, y compris Israël, sait qu’il n’a ni les moyens, ni la volonté de le faire en raison du risque de guerre civile. Il arrive à Washington en position de faiblesse, mais n’a pas d’autre choix.
Le simple fait de rencontrer les Israéliens vaut au gouvernement libanais l’accusation de « trahison », dans un pays polarisé et qui revit ses fractures d’il y a 50 ans. Pas de quoi s’attendre à des miracles à Washington aujourd’hui. La diplomatie attend donc son heure, et elle viendra car les succès militaires ne permettent pas nécessairement de terminer les guerres.
Source : www.radiofrance.fr
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