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14 avril 2026on vous raconte l’affaire d’une célèbre actrice allemande qui accuse son ex-mari de deepfakes pornographiques – franceinfo
Analyse : L’équipe éditoriale propose un résumé des informations principales.
Un regard de nos journalistes sur l'article « on vous raconte l’affaire d’une célèbre actrice allemande qui accuse son ex-mari de deepfakes pornographiques – franceinfo ».
Les éléments principaux
Collein Fernandes a révélé avoir vécu un enfer numérique pendant dix ans et accuse son ex-mari, avec qui elle formait un couple médiatique, d’être à l’origine de fausses vidéos à caractère sexuel. Un scandale qui secoue le pays.
Collien Fernandez est devenue le visage de la lutte contre les deepfakes pornographiques outre-Rhin. L’actrice et présentatrice de télévision de 44 ans accuse son ex-mari Christian Ulmen, 50 ans, également acteur et réalisateur, d’avoir créé et diffusé de fausses vidéos à caractère sexuel d’elle sur internet pendant une dizaine d’années. Collien Fernandes décide de révéler le scandale dans un entretien publié par l’hebdomadaire Der Speigel et auprès de ses 671 000 abonnés sur Instagram le 19 mars dernier, provoquant une onde de choc en Allemagne.
De nombreux médias allemands qualifient ce scandale de « pendant numérique », en Allemagne, de l’affaire Gisèle Pelicot, devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles. Mariés en 2011, parents d’une fille et récemment divorcés, Collien Fernandes et Christian Ulmen formaient l’un des couples les plus médiatiques d’Allemagne. Ces révélations touchant un couple de stars relancent dans le pays le débat sur la diffusion de vidéos générées par intelligence artificielle, des « deepfakes » à caractère sexuel et le harcèlement que subissent les femmes sur les réseaux sociaux.
Collien Fernandes décide de prendre la parole à la fin de l’année 2025. En décembre, elle se confie longuement à Der Spiegel, qui la rencontre chez sa sœur à Hambourg, où elle s’est réfugiée avec sa fille. L’hebdomadaire publie son enquête trois mois plus tard et consacre sa une à l’affaire le 21 mars dernier avec ces mots, tirés d’un message envoyé par l’actrice à son ex-mari : « Du hast mich virtuell vergewaltigt », « Tu m’as violée virtuellement » en français.
« Il y a eu Dominique Pelicot, qui invitait des hommes à violer son épouse sédatée sans son consentement. Désormais, il y a aussi l’actrice Collien Fernandes qui accuse son ex-mari de l’avoir ‘virtuellement violée’ en publiant de fausses vidéos pornographiques avec son visage et sa voix. »
Cela fait une dizaine d’années que des centaines de fausses vidéos pornographiques, censées la mettre en scène, circulent sur internet. Des contenus dont Collien Fernandes découvre l’existence en 2021, lorsqu’un de ses proches l’alerte qu’une vidéo pornographique où elle est entourée d’un groupe d’hommes a été visionnée plus de 270 000 fois. « Un choc pour elle, écrit Der Spiegel, mais aussi le début d’un combat. »
Elle tente alors, en vain, de faire retirer ces publications et recherche qui les a créées et mises en ligne. « Jamais je n’aurais soupçonné mon mari », confie-t-elle à l’hebdomadaire allemand. En 2023, elle prend la parole publiquement pour dénoncer le harcèlement qu’elle subit. L’année suivante, elle produit un documentaire pour la chaîne ZDF, intitulé Deepfake Porn, abus numériques, où elle tente d’identifier les auteurs des fausses vidéos la concernant. En novembre de la même année, Collein Fernandes dépose plainte contre X à Berlin, mais l’affaire est classée sans suite, faute d’éléments, en juin dernier.
Son monde s’effondre le jour de Noël 2024, explique-t-elle à Der Spiegel. L’actrice et son mari d’alors se trouvent à Hambourg pour les fêtes, retrace l’hebdomadaire, et Christian Ulmen évoque une interview dans laquelle elle revient sur la plainte qu’elle a déposée peu de temps auparavant. Il commence à lui poser des questions, à lui parler de faux profils et finit par lui avouer : « Je l’ai fait, je l’ai fait. » « Mon corps m’a été volé pendant des années, déclare-t-elle à Der Speigel, par la personne la plus proche de moi. »
Collien Fernandez décrit les aveux de son ex-mari : la création de faux profils à son nom sur des plateformes comme LinkedIn, l’envoi de photos et vidéos sexuellement explicites générées par intelligence artificielle, des textes appelant à son viol, et même le détournement de sa voix par IA pour simuler des conversations téléphoniques.
« Pendant tout ce temps, l’agresseur était tout proche. Son nom : Christian Ulmen. »
Collien Fernandessur Instagram
Mais il refuse de lui donner les noms des destinataires des messages. « Il a trop honte », prétend-il, selon elle. Lors d’un dîner avec un producteur, elle apprend qu’il pensait avoir eu une conversation à caractère sexuel avec elle sur Internet. Puis elle découvre un scénario fantasmé que son ex-conjoint a écrit et diffusé, dans lequel elle se fait violer, en larmes, par 21 hommes. « Voir que quelqu’un qui prétend m’aimer puisse se délecter d’une histoire dans laquelle je pleure m’a anéantie », confie Collien Fernandes à l’AFP. Elle finit par demander le divorce quelques mois plus tard.
Auprès de Der Spiegel, ses avocats expliquent que Christian Ulmen a « malheureusement développé un fétichisme sexuel » depuis une dizaine d’années, et admet avoir créé de faux profils sur les réseaux sociaux au nom de sa femme. Il invoque une pulsion « difficilement maîtrisable » et dit regretter ses actes. Mais d’après eux, Christian Ulmen n’a jamais produit ni diffusé de vidéos truquées de son ex-femme, ni de personne d’autre. Il conteste ces accusations, dénonce un récit « unilatéral » et annonce des poursuites contre l’hebdomadaire.
Fin 2025, Collien Fernandes porte plainte contre son ex-mari en Espagne, où le couple avait une résidence, notamment pour usurpation d’identité via les réseaux sociaux. Le tribunal de Palma de Majorque ouvre une enquête préliminaire alors que la législation espagnole en matière de violences sexuelles en ligne est plus avancée.
Le parquet allemand annonce pour sa part le 27 mars dernier, dans la foulée de l’enquête de Der Spiegel, rouvrir l’enquête classée sans suite en juin dernier, visant cette fois Christian Ulmen pour des faits de harcèlement. Le parquet dit retenir un « soupçon initial » contre l’acteur et réalisateur de 50 ans, à la lumière des éléments apportés par son ex-femme, et étudier si d’autres infractions pourraient entrer en ligne de compte. Le parquet espagnol annonce ensuite que la plainte serait transmise en Allemagne, où s’est déroulé l’essentiel des faits.
« Collien Fernandes souhaite sensibiliser l’opinion publique et mettre en lumière les lacunes de la législation actuelle. Elle dénonce une injustice dont souffrent de nombreuses femmes : ‘La grande majorité est livrée à elle-même, et je veux que cela cesse, y compris pour la génération de ma fille.' »
Collien Fernandes appelle les responsables politiques à intervenir car selon elle, « les victimes ne sont actuellement pas suffisamment protégées » en Allemagne, pays qu’elle qualifie de « paradis pour les agresseurs ». Car l’actrice n’est pas un cas isolé. « Le code pénal [allemand] ne comporte aucun article spécifiquement dédié aux deepfakes pornographiques, notamment parce qu’il s’agit d’un phénomène relativement récent », explique Christoph Kehlbach, expert juridique à la SWR.
Le scandale précipite une réforme que le gouvernement allemand tardait à engager. L’Allemagne espère combler ses « lacunes juridiques » avec une loi contre les violences numériques, présentée « dans des délais très court », promet la ministre allemande de la Justice, Stefanie Hubig, à la fin du mois de mars. Le texte prévu va au-delà des seuls contenus pornographiques, il vise l’ensemble des faux contenus « qui rabaissent les personnes », mais aussi la protection des victimes et le blocage des comptes problématiques. Selon une étude du gouvernement allemand et de l’Office fédéral de police criminelle, une femme sur cinq et un homme sur sept ont été victimes de violences numériques en Allemagne au cours des cinq dernières années.
L’onde de choc provoquée par l’enquête de Der Spiegel survient en pleine affaire Jeffrey Epstein et après le procès des viols de Mazan, particulièrement suivi outre-Rhin. Si bien que les médias allemands n’hésitent pas à comparer l’affaire Collien Fernandes avec l’affaire Gisèle Pelicot. « J’aimerais beaucoup la rencontrer », confie d’ailleurs l’actrice qui explique que « la force » de la Française lui donne le courage de porter un combat, au nom des victimes moins visibles qu’elle des violences numériques.
« La honte doit changer de camp », peut-on aussi lire sur les pancartes brandies lors des manifestations de soutien, qui s’organisent un peu partout dans le pays dans la foulée de l’article de Der Spiegel, en référence aux mots prononcés par Gisèle Pelicot. À Hambourg, le 26 mars, près de 20 000 personnes se réunissent pour écouter Collien Fernandes. L’actrice, qui avait initialement prévu de ne pas y participer à cause de menaces de mort, monte finalement sur l’estrade vêtue d’un gilet pare-balles « car des hommes, et uniquement des hommes, veulent me tuer », affirme-t-elle, au bord des larmes, acclamé par la foule.
Si Collien Fernandes se dit « énormément touchée » par la solidarité manifestée ces dernières semaines à travers l’Allemagne, notamment à nouveau à Berlin dimanche, elle confie aussi que « ce n’est pas une mince affaire, j’étais sexuellement disponible pour quiconque le souhaitait sur Internet. Il m’arrive encore de me réveiller en proie à des crises de panique ». L’actrice, qui souffre de stress post-traumatique, affirme se reconstruire à travers « une thérapie intensive ». La procédure judiciaire contre Christian Ulmen, toujours présumé innocent, n’en est qu’à ses débuts, mais pour Collien Fernandes, une chose est claire : « Je veux qu’il reconnaisse ses actes. »
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale continuera à analyser les faits.

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