Le juge Jackson déclare que le recours au dossier d’urgence par la Cour suprême des États-Unis est « corrosif »
15 avril 2026
Tillis promet de continuer à bloquer le candidat de la Fed et dit que Trump devrait s’excuser pour les attaques du pape
15 avril 2026Analyse : Quelques éléments saillants observés par notre rédaction.
Voici quelques observations de notre rédaction sur « “C’est un choc, ils avaient l’air bien”, témoigne un proche du père ».
Éléments à garder en tête
Pendant un an et demi, un petit garçon de 9 ans a vécu l’enfer, enfermé dans une camionnette à Hagenbach, sans hygiène ni soins. Alors que son père a reconnu les faits et encourt désormais 30 ans de réclusion, des connaissances témoignent sur RMC.
Plus de pyjama ni de brosse à dents et des affaires jamais lavées… Le procureur de Mulhouse a livré mercredi 15 avril des détails supplémentaires concernant la « très très longue histoire » de séquestration subie par un jeune garçon dans une camionnette en Alsace.
Le procureur de la République Nicolas Heitz a précisé que le père de l’enfant, poursuivi pour séquestration et privation de soins et d’aliments, encourait 30 ans de réclusion criminelle. L’homme de 43 ans, mis en détention provisoire, a reconnu les faits.
« Et puis un jour, il a arrêté de venir »
“Il était souriant avec les enfants”, soupire Clara*, qui accompagne régulièrement son père au club de quilles de Balschwiller. C’est là qu’elle a rencontré Mickaël, 43 ans, placé en détention provisoire et mis en examen pour “séquestration et privation de soins et d’aliments” pour avoir enfermé son fils de 9 ans dans une camionnette pendant un an et demi.
Ce père de famille, installé à Hagenbach (Haut-Rhin) avec sa nouvelle compagne et leurs deux filles, a reconnu les faits. “C’est un choc pour nous, on le voyait avec son fils, ils avaient l’air bien”, explique Carl*, le père de Clara, coéquipier de Mickaël au club de quille. “Il venait souvent avec le petit, le garçon était calme, il regardait les quilles avec de grands yeux, il avait l’air d’aimer ça, et puis un jour, il a arrêté de venir.”
Carl interroge le père de l’enfant de 9 ans qui élude: “On n’a pas voulu l’embêter plus que ça, on vient jouer aux quilles pour se détendre.” À défaut de son fils, le père de famille emmène parfois sa fille: “Elle était toujours très propre, bien habillée, jamais on n’aurait pu imaginer de mauvais traitement”, poursuit Carl.
« Ils ne m’ont jamais parlé d’un garçon »
Le père de l’enfant avait monté un commerce de bonbons avec sa compagne de 37 ans, également mise en examen pour “non-assistance à mineurs en danger et non-dénonciation de mauvais traitements”. L’hiver dernier, sur un marché de Noël alsacien, ils rencontrent une créatrice avec qui ils nouent un partenariat commercial. Contactée par RMC, la jeune femme raconte: “Ils m’ont dit qu’ils avaient chacun une fille, ils ne m’ont jamais parlé d’un garçon.”
La dernière fois qu’elle a été en contact avec la belle-mère du garçon séquestré, c’était au début du mois d’avril: “nos relations étaient purement professionnelles, j’ai moi-même un fils de 13 ans, si j’avais su qu’ils étaient capables de maltraiter un enfant, jamais je ne leur aurais adressé la parole.”
L’enfant retrouvé « pâle et manifestement dénutri »
Pour rappel, les gendarmes ont découvert le jeune garçon le 6 avril à Hagenbach (Haut-Rhin), commune de 800 habitants à quelque 20 km au sud-ouest de Mulhouse, après avoir été alertés par une habitante qui avait entendu des « bruits d’enfant » provenant d’une camionnette garée dans une cour.
L’enfant, « pâle et manifestement dénutri », était « couché en position foetale, nu, recouvert d’une couverture sur un monticule de déchets et à proximité d’excréments », avait annoncé Nicolas Heitz dans un communiqué. Il est depuis hospitalisé à Mulhouse.
Mercredi, le procureur a donné des détails complémentaires concernant les déclarations des protagonistes, à commencer par celles de l’enfant, qui a évoqué « une très très longue histoire » en racontant son calvaire à des enquêtrices spécialisées.
Vivant dans une famille recomposée, il a expliqué avoir eu « de très mauvaises relations » avec sa belle-mère, qu’il qualifiait « de sa pire ennemie et de méchante » et qui voulait l’interner dans un hôpital psychiatrique.
Son père « a dû » alors le « mettre dans la camionnette » en septembre 2024 car il « n’avait pas le choix », a poursuivi l’enfant, disant ne pas vouloir aller vivre chez sa mère, souffrant de problèmes psychologiques.
Son « père lui apportait de l’eau et de la nourriture deux fois par jour, en général des aliments froids », a-t-il encore raconté. Il disposait d’un baluchon de vêtements et devait uriner dans des bouteilles vides.
Un enfant « violent » et « intenable »?
Son père vidait régulièrement les déchets. Mais le garçon a dit aussi « que son papa ne lui lavait plus les vêtements et qu’il n’avait plus de pyjama ». Il dormait sur un matelas et n’avait plus de brosse à dents. Dans sa chambre, ses jouets étaient rangés dans un carton.
Les grands-parents paternels ont de leur côté décrit le petit garçon comme « dur », « qui faisait des crises, ayant probablement mal vécu la séparation de ses parents et l’hospitalisation de sa mère », selon des affirmations rapportées par le procureur de la République.
Sa soeur, âgée de 12 ans, a précisé que son petit frère « avait changé de comportement » quand son père s’était installé avec sa nouvelle compagne, « en devenant violent et en proférant des insultes, notamment contre sa belle-mère ».
« Elle pensait que son frère avait été interné, sans savoir où, à l’automne 2024 », a dit le procureur.
La belle-mère âgée de 37 ans, encourt sept ans de réclusion pour non-assistance à mineurs de (moins de) 15 ans en danger et non-dénonciation de mauvais traitements et privations infligées à mineurs de (moins de) 15 ans. Elle nie les faits. Également entendue, la mère de l’enfant a reconnu avoir été hospitalisée en psychiatrie entre mai 2022 et janvier 2024. Le couple s’est séparé définitivement en octobre 2022.
En octobre 2024, elle a saisi la justice d’une demande d’exercice de l’autorité parentale et s’est vu accorder en mai 2025 un droit de visite à l’égard des enfants en présence de tiers professionnels, sans avoir pu, selon elle, exercer ce droit. Les investigations en cours permettront de déterminer le niveau de responsabilité de chacun et, éventuellement, de savoir si d’autres personnes ont pu avoir connaissance de la situation de l’enfant sans lui porter secours.
*Les prénoms ont été modifiés
Source : rmc.bfmtv.com
Conclusion : L'équipe suit cette actualité de près pour mieux vous informer.

9999999
