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15 avril 2026Analyse : Notre équipe offre une vue générale sur cette actualité récente.
Notre équipe met en lumière les éléments clés de « Les divisions à l’intérieur du « bloc central » atteignent des niveaux rarement atteints ».
Points importants
LUDOVIC MARIN / AFP
Sébastien Lecornu et Gabriel Attal en juillet 2024.
Un déjeuner et ça repart ? Ce mercredi, Christophe Béchu (Horizons), Franck Riester (Renaissance), Marc Fesneau (MoDem) et Hervé Marseille (UDI) se sont attablés ensemble dans un restaurant du VIIe arrondissement de Paris. Le repas, prévu de longue date, devait officiellement porter sur la stratégie pour 2027. Objectif : « Se parler et bâtir ensemble l’avenir », selon l’un des participants.
Mais difficile d’imaginer que les tensions de ces derniers jours ne se sont pas invitées au menu des discussions. Le ton est en effet monté très haut entre membres du « socle commun », censés chacun à leur manière soutenir le gouvernement. « On nous pisse dessus », aurait même lâché le député Renaissance Karl Olive en réunion de groupe, quelques heures après que la marche arrière du Premier ministre sur le texte facilitant le travail du 1er mai. Un autre aurait fustigé « un manque de courage inadmissible » et se serait interrogé tout haut : « Je me demande pourquoi je soutiens encore ce gouvernement. Sans courage, on n’a aucune raison d’exister ».
Plusieurs textes examinés à l’Assemblée ont révélé les failles existantes au sein d’un socle qui, moquent ses adversaires, n’a plus grand-chose de commun. Les divisions s’affichent au grand jour, et il est de plus en plus difficile pour ses membres de les nier. « Je n’ai jamais vu le camp présidentiel autant dysfonctionner. Il faut qu’on se ressaisisse », reconnaît le député Guillaume Gouffier Valente dans Le Monde.
Mardi soir, le vote sur le projet de loi dit de simplification de la vie économique a agi comme un révélateur. Le groupe Renaissance s’est divisé en deux : 25 ont voté pour, 30 contre. Les députés venaient de rejeter l’amendement du gouvernement réintroduisant les zones à faibles émissions (ZFE) et le « zéro artificialisation nette » (ZAN). Les troupes de Gabriel Attal (qui, lui, n’était pas présent dans l’hémicycle) sont les seules à s’être ainsi coupées en deux ; la gauche a unanimement voté contre, la droite et l’extrême droite unanimement pour. La faute à une ligne politique trop floue ?
L’ancienne ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher, désormais députée, a aussitôt fait part de sa colère. « Je regrette vivement ce qui vient de se passer à l’Assemblée nationale », a-t-elle tonné sur les réseaux sociaux, qualifiant « ces votes portés par l’extrême droite » de « régressions ». Un autre élu Renaissance va encore plus loin auprès du Figaro : « Il y a une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale. C’est la première fois qu’un gouvernement n’a pas le vote de son groupe mais celui de l’extrême droite. C’est lunaire ». Car oui, le texte était initialement porté par le gouvernement. Et sans le concours du Rassemblement national, il ne passait pas.
« Gabriel Attal est gonflé »
Cet imbroglio intervient après de précédents ratés, notamment sur le travail du 1er mai qui a aussi laissé des traces. Pour résumer, le gouvernement a retiré un texte pourtant porté par le groupe Renaissance (et qu’il a soutenu en demandant une procédure accélérée) pour ne pas se mettre à dos la gauche et les syndicats. Ce recul de l’exécutif révèle le fossé qui se creuse entre Gabriel Attal, qui se sert de l’Assemblée nationale comme d’une tribune pour installer sa candidature à la présidentielle, et Sébastien Lecornu, qui tente de ménager la chèvre et le chou pour ne pas être renversé.
Clairement, le patron de Renaissance a voulu faire du travail le 1er mai une mesure étendard à mettre à son crédit pour la campagne présidentielle. « Gabriel Attal est gonflé, soupire un président de groupe au Sénat auprès de Libération. Non seulement, il s’est approprié le truc, mais en plus il fait des storys sur Instagram ». De fait, la proposition de loi émanait au départ de deux sénateurs UDI, Hervé Marseille et Annick Billon. L’ex-Premier ministre n’a pas hésité à s’en emparer… Et à surfer dessus en multipliant les messages sur les réseaux sociaux.
Un problème Panifous ?
Au-delà de relations décidément fraîches avec le gouvernement, le groupe Renaissance n’est pas en meilleur terme avec le MoDem, son allié historique depuis 2017. « Alsace, Yadan, 1er mai : trois textes, trois emmerdes. Merci Gabriel ! », aurait fulminé le patron des députés MoDem Marc Fesneau le 30 mars, selon le Parisien. Dans un tweet, il a lourdement attaqué Gabriel Attal, cette fois sans le nommer, en fustigeant « des textes clivants, insuffisamment préparés, qui ont moins cherché à résoudre des problèmes concrets qu’à un jeu de posture en vue de 2027 ».
Ce proche de François Bayrou en a remis une couche dans une interview le lendemain à l’Opinion : « Quand on voit à quel point ces textes fracturent le “socle commun”, comment prétendre ensuite rassembler ? » À n’en pas douter, les troupes présidentielles sauront une nouvelle fois étaler leurs divisions en cette fin de semaine puisque la loi portée par Caroline Yadan, censée lutter contre « les formes renouvelées de l’antisémitisme », est examinée à l’Assemblée. Le MoDem a déjà annoncé qu’il voterait contre. Pour la députée bayrouiste Perrine Goulet, il s’agit d’« un texte mal embarqué » qui « dessert la cause qu’il veut défendre ».
En privé, certains pointent le rôle du ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, un ancien député Liot inconnu du grand public, pas forcément le meilleur pour mettre de l’huile dans les rouages. Selon Le Monde, il bénéficie d’un « faible poids politique » et « est rarement pris au sérieux par les élus et ses collègues du gouvernement ». Reste qu’à moins d’un an de l’élection présidentielle, tous ces désaccords risquent de rejaillir sur la désignation d’un candidat commun, qu’espèrent toujours de nombreux macronistes. Critiqué pour ses échappées solitaires, Gabriel Attal saura-t-il rassembler autour de sa candidature ? Ou Édouard Philippe, plus en retrait des affaires nationales, tirera-t-il les marrons du feu ? En attendant, difficile de voir dans le bâtiment macroniste autre chose qu’un bateau ivre à la dérive.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Cette situation fera l’objet d’une observation continue de notre rédaction.

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