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16 avril 2026
Guerre au Moyen-Orient: Jean-Noël Barrot demande "la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz
16 avril 2026Analyse : Voici les points saillants relevés par nos journalistes.
Notre équipe met en lumière les éléments clés de « L’Iran peut-il réellement bloquer la mer Rouge comme il l’annonce ? ».
Les faits essentiels
Dans la partie d’échecs qui se joue dans la mer d’ArabieOuverture dans un nouvel onglet, l’Iran a pris le contrôle du trafic dans le golfe Persique, les États-Unis ont organisé un contre-blocus par l’autre côté du détroit d’Ormuz. Et mercredi 15 avril, le régime iranien parle de bloquer la mer Rouge si les Américains continuent d’empêcher les bateaux d’atteindre les ports iraniens.
Ce blocage de la mer Rouge se ferait par le détroit de Bab el-Mandeb,Ouverture dans un nouvel onglet qui en permet l’accès par le Sud. Un détroit situé à des milliers de kilomètres de l’Iran. La République islamique doit donc s’appuyer sur l’un de ses « proxys », les Houthis du Yémen.
Les Houthis du Yémen repliés sur « leur propre agenda »
Le Yémen est divisé en quatre parties. Parmi ces quatre parties, les Houthis ont un accès direct sur l’entrée de la mer Rouge, et ont déjà attaqué de nombreux bateaux, entre novembre 2023 et juillet 2025. Cependant, ces derniers ne se sont pas beaucoup manifestésOuverture dans un nouvel onglet depuis l’appel de l’Iran à réagir aux frappes israélo-américaines du 28 févrierOuverture dans un nouvel onglet.
Les « proxys » de l’Iran, notamment le Hezbollah, sont entrés dans le conflit après la mort d’Ali Khamenei, mais les Houthis du Yémen ont leur « propre agenda », explique l’amiral Alain Oudot de Dainville, ancien chef d’état-major de la Marine nationale : « Quand le Guide suprême a demandé aux proxys de réagir lorsque l’Iran a été attaqué, le Hezbollah a réagi, mais pas les Houthis. Les Houthis ont réagi beaucoup plus tard et n’ont tiré que sept salves de missiles sur Israël. Leur réaction a été très mesurée parce que les Houthis ont leur propre agenda. Leur propre agenda, c’est de prendre le Yémen. S’ils participent à la guerre au Moyen-Orient, une guerre qui n’est pas la leur, cet agenda sera reculé. »
Des armateurs échaudés par la précédente série d’attaques
Si les simples menaces pourraient suffire à refroidir les armateurs et à leur faire contourner l’Afrique pour éviter la mer Rouge, en réalité, « ils ont pris leurs décisions bien avant, dès le 28 février, assure l’amiral. Ils avaient anticipé cette menace. Ils avaient réorganisé tout leur circuit, profitant de l’expérience des années 2023-2025.
Ainsi les compagnies de fret n’hésitent pas à éviter le canal de Suez en allongeant les temps de trajet de « dix jours à peu près, entre l’Europe et l’Asie ». Selon Alain Oudot de Dainville, les surcoûts engagés sont compensés par le situation « que les compagnies maritimes ne sont pas obligées, avec ce trajet*, d’avoir des gardes armés à bord »* sur les bateaux et qu’il n’y a pas « d’assurances sur le risque de guerre » à payer.
Pour l’Égypte, les recettes sur le canal de Suez ne sont pas réduites à néant, note au passage l’amiral. « C’est moins de recettes pour l’Égypte, mais le canal de Suez continue à être utilisé, notamment pour l’accession aux ports d’Arabie saoudite qui sont dans la mer Rouge. Une partie du pétrole qui transitait avant par le détroit d’Ormuz est acheminée par des oléoducs qui traversent toute l’Arabie saoudite, du golfe Persique vers la mer Rouge. Ce pétrole, il faut le livrer aux consommateurs. Il passe du coup par le canal de Suez. »
La menace de la mer Rouge, des « mots » posés dans la négociation
Ainsi, si la menace d’un blocage en mer Rouge ne semble pas porter à de nouvelles conséquences, « ces mots s’inscrivent dans la perspective de négociations, analyse Alain Oudot de Dainville, où chacun veut avoir le plus de cartes dans sa poche. Autant Ormuz est le détroit par où transite le pétrole, autant le Bab el-Mandeb, c’est beaucoup plus le détroit par où transitent les conteneurs entre l’Asie et l’Europe. Et les grandes compagnies ont déjà dérouté leur trafic. Les conséquences ne seraient pas les mêmes. »
D’ailleurs, les Américains, dans leur contre-blocus, ne bloquent que les ports iraniens. « Quand on regarde les cartes de transit de la nuit, il y a des bateaux qui entrent dans le détroit, qui ne vont pas vers les ports iraniens mais qui vont vers les ports de l’autre rive du golfe Persique. » Donc, selon l’amiral, « le blocus n’est pas total », et les Américains ont la possibilité de le faire « durer ».
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : La rédaction gardera un œil attentif sur cette information.

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