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20 avril 2026Ouvert au dialogue avec Moscou, ex-pilote de chasse… Qui est Roumen Radev, l’ancien président bulgare arrivé en tête aux législatives?
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Un résumé concis de « Ouvert au dialogue avec Moscou, ex-pilote de chasse… Qui est Roumen Radev, l’ancien président bulgare arrivé en tête aux législatives? » selon notre équipe.
Résumé des éléments principaux
Favorable à une reprise du dialogue avec Moscou tout en réaffirmant son adhésion à l’UE et à l’Otan, Roumen Radev a largement séduit l’électorat bulgare, notamment avec son programme de lutte contre la corruption.
Aucune formation n’avait obtenu si large victoire dans le pays depuis près de trente ans. L’ex-président bulgare Roumen Radev a remporté la majorité absolue aux législatives, selon des résultats officiels publiés ce lundi 20 avril. Sa formation de centre-gauche « Bulgarie progressiste » a obtenu 44,7% des voix, ce qui la place en bonne voie pour décrocher quelque 130 sièges sur les 240 que compte le Parlement.
« Nous avons remporté une victoire sans appel, les citoyens ont rejeté l’arrogance et l’autosatisfaction des anciens partis », a lancé Roumen Radev devant la presse à Sofia ce dimanche soir.
À la tête de l’État entre 2017 et 2026, Roumen Radev avait démissionné en janvier afin de se présenter aux élections législatives, dans ce pays où le Premier ministre est doté de pouvoirs nettement plus importants que le président. Cet ex-pilote de chasse de 62 ans a promis de mettre fin à la corruption endémique et à l’instabilité politique minant le pays. Sur les questions européennes, il a mené une campagne d’équilibriste.
Une adhésion à l’UE « pragmatique »
« La Bulgarie fera des efforts pour poursuivre sa voie européenne, mais croyez-moi, une Bulgarie forte et une Europe forte ont besoin d’esprit critique et de pragmatisme », a déclaré Roumen Radev.
Selon lui, « l’Europe a été victime de sa propre ambition d’être un leader moral dans un monde régi par de nouvelles règles ».
Critique de certaines positions de l’Union européenne, Roumen Radev ne veut toutefois pas « imposer de veto » à Bruxelles, avait-il tenu à préciser ce vendredi à la télévision bulgare, conscient des avantages tirés de l’appartenance de son pays de 6,5 millions d’habitants au groupe des 27, dont il est le plus pauvre.
Alors que la Bulgarie a adopté l’euro comme monnaie officielle au début de l’année, Roumen Radev avait réclamé en vain l’an dernier un référendum sur le sujet, estimant que le pays y était insuffisamment préparé. Dans une vidéo publiée récemment sur ses réseaux sociaux, et qui a rencontré un immense succès, on le voit compatir avec la vendeuse d’une épicerie de village qui se lamente de la hausse des prix.
Opposé à l’aide militaire pour l’Ukraine
Cette vision d’une « voie européenne » avec « esprit critique » et « pragmatisme » se retrouve notamment dans ses prises de positions vis-à-vis de la Russie et de son agression de l’Ukraine. Sa candidature avait été soutenue par les socialistes, aux positions pro-russes, et il s’oppose régulièrement à l’aide militaire à l’Ukraine, ce qui conduit ses détracteurs à le présenter comme pro-russe.
Pour autant, nombre d’observateurs jugent plutôt Roumen Radev comme inclassable, voire parfois ambigu. Pour le sociologue Parvan Simeonov, il est comme beaucoup de dirigeants de la région qui, « selon la délégation en visite, choisissent de placer ou non le drapeau ukrainien en arrière-plan », analyse-t-il auprès de l’AFP.
Avant le scrutin, Roumen Radev avait affirmé partager, sur l’envoi d’armes à l’Ukraine, les positions de la Hongrie et de la Slovaquie, estimant « ne pas voir l’intérêt pour son pays, pauvre, de payer ». Dans un entretien accordé à CNN en juin dernier, il s’était également dit « déçu » du faible soutien observé au sein de l’Union européenne pour « les efforts de paix » du président américain Donald Trump.
En mai, il avait qualifié la victoire ukrainienne d' »impossible », et avait même accusé quelques mois plus tôt les dirigeants européens d’être responsables « des centaines de milliers de victimes » en Ukraine. Par le passé, il a souvent pris des positions controversées sur la Russie, considérant par exemple que la Crimée était russe.
Rétablissement des liens avec Moscou sur les hydrocarbures
Pour Roumen Radev, l’Europe doit aussi tendre vers une autonomie stratégique et mettre un terme au processus de désindustrialisation. Par conséquent, il plaide pour une reprise du dialogue avec Moscou essentiellement sur les questions énergétiques. « Sans accès à des ressources énergétiques bon marché, on ne peut pas parler de compétitivité », a-t-il déclaré auprès du journal bulgare Club Z, cité par le Courrier international.
Critiquant le sevrage en hydrocarbures russes, il juge la Bulgarie, « seul pays slave et orthodoxe » du bloc, comme étant « dans une position unique » et pouvant devenir « un maillon très important » dans le rétablissement des relations avec le Kremlin. Dès l’annonce des résultats officiels des élections législatives ce lundi, la présidence russe a d’ailleurs salué le souhait de Roumen Radev de « dialoguer » avec Moscou.
Ainsi, Roumen Radev « a grignoté l’électorat du parti pro-Kremlin, Vazrazhdane », grâce à ses positions ouvertes face aux Russes et anti-élites, a expliqué à l’AFP le politologue Teodor Slavev.
Pour autant, l’ancien président bulgare s’est toujours défendu d’être proche du Kremlin et a toujours affirmé être favorable à l’appartenance de son pays à l’UE et à l’Otan, s’estimant « ni prorusse ni pro américain mais pro bulgare ». Régulièrement, Roumen Radev aime rappeler qu’il est diplômé de l’Air War College, l’une des plus prestigieuses écoles de formation militaire des États-Unis.
Une campagne contre la corruption et l’oligarchie
C’est toutefois sur sa future politique intérieure que Roumen Radev a basé l’essentiel de sa candidature. L’ancien général dit incarner l’opposition au système oligarchique du pays et aux élites, auxquels il estime ne pas devoir être associé en raison de son entrée tardive en politique, en 2016, après avoir dirigé l’armée de l’air.
Né en 1963 à Dimitrovgrad, une ville du sud de la Bulgarie construite ex nihilo au temps du bloc soviétique, cet homme austère et réservé n’a d’ailleurs pas le phrasé classique des communicants rodés.
Dans son programme, il a, par exemple, promis d’encadrer les marchés publics grâce à l’IA ou de réformer une justice très critiquée. Il insiste également sur la défense des valeurs familiales et du patriotisme. Mais il a surtout axé sa campagne sur la lutte contre la corruption, alors que la Bulgarie a été secouée par de larges manifestations, qui ont causé la chute du Premier ministre Boïko Borissov.
Roumen Radev a d’ailleurs gagné en popularité en soutenant ces manifestants. C’est pourquoi il a pris la décision de démissionner de son poste de président pour se lancer dans la campagne des législatives. Son succès pourrait mettre fin à l’instabilité politique après huit scrutins législatifs en cinq ans.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Notre équipe continuera à suivre l'évolution de cette actualité.

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