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21 avril 2026
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21 avril 2026Analyse : Une analyse rapide pour comprendre cette actualité.
Voici quelques observations de notre rédaction sur « l’administration Trump fragilisée par des scandales et plusieurs départs de ministres ».
Les faits essentiels
La ministre américaine du Travail est devenue lundi la troisième à quitter le gouvernement de Donald Trump depuis le mois de mars. Le signe d’une administration qui se fracture de plus en plus.
Et un départ de plus. Lori Chavez-DeRemer, ministre américaine du Travail, quitte le gouvernement de Donald Trump « pour prendre un poste dans le secteur privé », a annoncé lundi 20 avril la Maison Blanche.
La républicaine était fragilisée depuis plusieurs semaines par une série de scandales. Selon le New York Post, Lori Chavez-DeRemer fait l’objet d’une enquête pour avoir eu une relation « inappropriée » avec un subordonné. Elle est également accusée de consommer de l’alcool pendant les journées de travail, mais aussi de fraude pour avoir supposément inventé des déplacements officiels qui se seraient transformés en voyages d’agrément.
La ministre a également été visée par trois plaintes portées par des employées du ministère qui l’accusent d’avoir entretenu un climat de travail toxique, selon le New York Times. En février, le quotidien avait également rapporté que l’époux de la ministre, Shawn DeRemer, avait été interdit d’entrée au ministère après avoir été accusé d’agression sexuelle par au moins deux employées.
Trois départs en quelques semaines
Arrivée en poste en mars 2025, Lori Chavez-DeRemer devient la troisième haute responsable à quitter le gouvernement de Donald Trump en six semaines, après les départs forcés de la ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, et de celle de la Justice, Pam Bondi.
Selon le spécialiste des États-Unis Alexis Pichard, ces trois départs doivent être différenciés. « Les deux premières ministres ont été limogées, la troisième est partie d’elle-même », souligne le chercheur associé au Centre de recherches anglophones de l’université Paris Nanterre.
Kristi Noem avait été poussée vers la sortie après avoir commandé une coûteuse campagne de communication la mettant en scène à cheval, chapeau de cow-boy sur la tête. Une opération d’autopromotion qui était mal passée à la Maison Blanche.
L’ancienne gouverneure était aussi sous le feu des critiques en raison du fiasco des opérations de l’ICE à Minneapolis, marquées par la mort de deux manifestants. « Elle avait qualifié les deux victimes de ‘terroristes’ d’extrême gauche et s’est empêtrée dans ses mensonges », rappelle Alexis Pichard.
Affaire Epstein
Pam Bondi s’était, elle, illustrée par sa gestion erratique du dossier Epstein et par son absence de considération pour les victimes du criminel sexuel. Lors d’une audience au Sénat précédant son limogeage, elle s’était montrée particulièrement agressive, refusant d’adresser des excuses ou même simple un regard aux victimes assises derrière elle.
Mais selon la presse américaine, l’affaire Epstein n’est pas ce qui a in fine coûté son poste. « C’est plutôt la perception qu’avait Trump d’elle comme une procureure générale faible, incapable de poursuivre efficacement ses ennemis déclarés ». Plusieurs personnes proches du président ont ainsi indiqué au magazine The Atlantic que les échecs des poursuites contre la procureure générale de New York, Letitia James, et l’ancien directeur du FBI, James Comey, entre autres, avaient provoqué la colère du président.
« Ce n’est pas qu’un calcul politique, il y a aussi une forme de revanche dans le limogeage de Pam Bondi », observe Alexis Pichard.
Des « fractures » dans un système bien huilé
Si la démission de la ministre du Travail ne semble pas directement téléguidée par Donald Trump, ce nouveau départ donne l’impression d’une administration qui se délite, au moment même où Donald Trump enchaîne les difficultés sur la scène internationale comme aux Etats-Unis.
« On s’aperçoit qu’il y a des fractures, en tout cas des failles, dans cette espèce de monolithe politique que Donald Trump a construit en amont de sa deuxième présidence« , estime Alexis Pichard, alors qu’une première fissure était apparue au moment du départ fracassant d’Elon Musk sur fond de désaccord budgétaire.
Si le président américain ne reconnaît jamais ses torts, « ces départs sont presque une reconnaissance d’échec de la part de Donald Trump », poursuit l’américaniste. « Ils tendent aussi à contredire le récit d’une mandature parfaite mis en avant par la Maison Blanche ».
Ces départs sont d’autant plus marquant qu’ils sont vus comme exceptionnels aux Etats-Unis, un pays où la tradition du remaniement n’existe pas. « Généralement il y a un peu plus de stabilité, surtout à un an du début de la mandature. Il peut y avoir des changements à la marge dans l’administration mais les changement de ministres sont plus rares », note Alexis Pichard.
Barack Obama (2008-2016) avait connu trois départs marquant en huit de présidence, à chaque fois durant son second mandat. Il s’était ainsi séparé de son ministre des Anciens combattants après une polémique sur la prise en charge médicale des soldats et de sa ministre de la Santé après le lancement chaotique d’Obamacare. Le secrétaire à la Défense avait de son côté quitté son poste pour des divergences de vues sur la stratégie à adopter contre le groupe djihadiste Etat islamique.
Le prédécesseur de Donald Trump, le démocrate Joe Biden, n’avait lui fait face à aucun départ d’ampleur durant sa présidence.
Des limogeages sexistes?
La spécificité des récents limogeages tient aussi aux profils des personnes visées. « Durant le premier mandat de Donald Trump, il y avait eu déjà une vague de limogeages à mi-parcours. Il s’agissait de personnes qui incarnaient la ligne traditionnelle du parti républicain et que Donald Trump ne supportait plus parce qu’il se sentait corseté par eux », rappelle Alexis Pichard. « Tandis que cette année, ce sont des gens qui pensent comme lui, qui forment une cour autour de lui, mais qu’il a besoin de faire sauter parce que les sondages sont catastrophiques ».
Impossible, aussi, de ne pas faire le constat que les trois ministres concernées sont trois femmes. « Il y a visiblement une acceptabilité plus forte des scandales quand il s’agit d’hommes », note Alexis Pichard.
« Le scandale du Signal Gate (quand un rédacteur avait été ajouté par erreur à une conversation ultraclassifiée sur des frappes de l’armée américaine au Yemen, NDLR) aurait déjà dû causer le départ du secrétaire à la Défense Peter Hegseth« , note le chercheur. Le chef du Pentagone est aussi mis en cause dans d’autres dossiers, notamment pour avoir ordonné l’an dernier de tuer les survivants d’une embarcation de narcotrafiquants présumés dans les Caraibes.
« Alors Donald Trump n’a pas hésité à licencier Pam Bondi et Kristi Noem malgré leur allégeance totale pour le président », leurs homologues masculins ne semblent pas inquiétées alors que leurs fautes paraissent plus graves encore », note Alexis Pichard.
D’autres responsables masculins sont – à ce stade – toujours en poste malgré des critiques persistantes. La pression s’est ainsi accentuée ces derniers jours autour du directeur du FBI, Kash Patel. Selon The Atlantic, le responsable serait sur la sellette en raison « d’épisodes de consommation excessive d’alcool » et d' »absence inexpliquées ».
Kash Patel est pourtant – à ce stade – toujours en poste, tout comme Howard Lutnick, ministre du Commerce, qui a refusé de quitter ses fonctions malgré ses liens avérés avec Jeffrey Epstein.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Notre équipe continuera à suivre l'évolution de cette actualité.

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