
Warsh dit qu’il ne sera « absolument pas » la marionnette du président
21 avril 2026
l’Iran n’a pas confirmé sa présence à de potentielles négociations avant la fin du cessez-le-feu
21 avril 2026Analyse : L’équipe éditoriale propose un résumé des informations principales.
Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « L’unité du régime iranien à l’épreuve des négociations avec les États-Unis ».
Les faits essentiels
L’Iran ira-t-il aux négociations avec les États-Unis à Islamabad ? C’est l’une des questions qui reste en suspens alors que la fin du cessez-le-feu est attendue pour ce mercredi 22 avril au soir, heure de Washington. Au-delà de la volonté de l’Iran de mettre la pression sur les États-Unis, on peut aussi lire derrière ce point d’interrogation l’expression de lignes divergentes côté iranien. Car sous l’apparente unité du régime se cachent des tensions politiques fortes.
« Du côté iranien, la délégation n’est en rien homogène. Elle agrège différentes factions du régime, chacune porteuse de ses priorités, de ses lignes rouges et de ses intérêts propres », confirme Adel Bakawan, directeur de l’Institut européen pour les études sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, interrogé lundi par Le HuffPost.
Les dissensions au sein de la République islamique ne datent pas de la guerre actuelle. La mort de l’ancien guide suprême Ali Khamenei, tué le 28 février dans les frappes américaines et israéliennes, leur a en revanche donné une autre dimension.
« Vous avez d’un côté l’État, historiquement lié au bureau du guide suprême avec l’appui des Gardiens de la révolution. Et de l’autre le gouvernement, où se trouvent le président, les ministres ainsi que les députés. Aujourd’hui, il y a une vraie fracture entre les deux », explique le spécialiste.
« L’État, très conservateur, a à sa disposition l’économie du pays ainsi que les relations internationales. Il est stable car il n’y a pas d’élections, contrairement au gouvernement qui se renouvelle tous les quatre ans et qui a une posture nationaliste », développe-t-il.
Après la mort d’Ali Khamenei, le vide du pouvoir
Depuis la mort d’Ali Khamenei, qui avait auparavant la charge de trancher, tous ces acteurs se retrouvent au sein du Conseil suprême de la sécurité iranienne. « Les deux entités se confrontent et doivent voter chaque décision à la majorité : pour continuer la guerre, pour tenir les négociations… », raconte Adel Bakawan.
Après la disparition de Khamenei, le chef de la sécurité iranienne, Ali Larijani, personnalité de consensus au sein du régime, a géré les deux camps d’une main de fer. Mais il a à son tour été tué sous les frappes ennemies, le 17 mars. Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême nommé depuis, est quant à lui dans un état de santé incertain, faisant douter les spécialistes sur sa capacité à exercer le pouvoir.
Un vide du pouvoir qui a contribué à libérer la parole du côté du gouvernement. « Depuis la mort d’Ali Khamenei, les nationalistes se permettent d’affirmer que la situation actuelle est de la faute de l’autre camp », affirme Adel Bakawan.
Parmi les principaux reproches : l’engagement de l’Iran à l’étranger. « Pour le gouvernement, il faut se concentrer sur le pays et ils ne sont pas pour un déploiement des Gardiens de la révolution en dehors des frontières », abonde le spécialiste. Une position qui tranche donc grandement avec celle de l’État qui souhaite désormais peser sur la scène internationale.
La survie économique face aux garanties sécuritaires
Ces divergences d’opinions affectent directement les négociations avec les Américains. « Chaque groupe surveille les autres, tout en tentant d’imposer son cadrage de la négociation », précise Adel Bakawan. Pour le gouvernement, c’est l’économie iranienne, actuellement à terre, qui doit être la principale préoccupation. « Ces courants dits modérés insistent prioritairement sur la levée des sanctions économiques et la réintégration de l’Iran dans le système international, considérées comme des conditions de survie du régime à moyen terme », précise-t-il.
Et d’ajouter : « À l’inverse, les factions plus radicales mettent l’accent sur des garanties sécuritaires strictes : refus de toute logique d’ingérence, exigence de non-agression et reconnaissance du droit de l’Iran à maintenir et développer des capacités militaires défensives ». Une opposition qui explique justement les arbitrages permanents et ajustements tactiques des positions iraniennes, gardés le plus possible en coulisses.
Au début du conflit, quelques désaccords se sont exprimés en public, à l’image des excuses du président Masoud Pezeshkian après une semaine de bombardements sur les pays du Golfe. Il avait également promis de limiter ces attaques. Des propos dénoncés par le religieux ultraconservateur et député Hamid Rasai qui avait déclaré : « Votre position était non professionnelle, faible et inacceptable ».
Le régime a néanmoins vite pris conscience de l’importance, pour sa survie, de garder une image d’unité, en particulier vis-à-vis des États-Unis et d’Israël. C’est cette nécessité qui avait mené à une nomination rapide du nouveau guide suprême. « Il faut accélérer le processus afin de décevoir l’ennemi et de préserver l’unité et la solidarité de la nation », avait déclaré l’ayatollah Nouri Hamedani. Et pour cause, il est arrivé que les divergences entre conservateurs et modérés soient utilisées comme une carte lors des négociations avec l’Occident.
Si ces divisions peuvent affaiblir la position de l’Iran dans le conflit, elles pourraient paradoxalement constituer une force à l’échelle nationale. « C’est peut-être grâce à cette fracture que le régime survit. Il n’y aura pas de coup fatal ou de coup final, car avec ces deux camps il y a une vraie pluralité dans le régime. La colère des habitants ne peut se concentrer que sur seul un camp ».
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Nous continuerons de surveiller cette situation pour vous informer.

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