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24 avril 2026Analyse : Cette nouvelle fait l'objet d'une attention particulière de notre équipe éditoriale.
Nos rédacteurs considèrent que « Ce concept avec lequel Boris Vallaud tente de se faire une place pour 2027 » est un article à suivre.
Les points essentiels à retenir
• Il critique la marchandisation de services essentiels et propose une gestion publique pour des secteurs comme l’eau et les Ehpad.
• Le député des Landes espère capitaliser sur cette idée pour unir la gauche en vue de 2027.
Boris Vallaud rejoindra-t-il la liste déjà longue des aspirants à l’Élysée ? Le député des Landes, président du groupe PS à l’Assemblée, refuse pour l’instant de faire ce pas décisif. Ce qui ne l’empêche d’en faire d’autres, certes plus petits mais dans la même direction, en faisant émerger une idée pour imprégner le débat présidentiel : celle de la démarchandisation, à laquelle il consacre un livre qui paraît ce vendredi 24 avril.
En quelques semaines, Boris Vallaud est presque devenu le premier opposant à Olivier Faure au sein du Parti socialiste. Principal motif de leur désaccord : la préparation de la présidentielle et tout particulièrement la très hypothétique « primaire de la gauche et des écologistes », soutenue par le Premier secrétaire et contestée par le député. Lui dit vouloir parler des « idées » avant de parler du candidat.
Sa proposition phare est au cœur de Nos vies ne sont pas des marchandises, manifeste pour la démarchandisation (ed. Seuil). « Voilà une idée forte et tranchante qui peut inspirer la gauche pour 2027 et constituer la base d’un projet majoritaire dans le pays », écrit-il, autant pour « incarner l’alternative » que pour « faire rempart à l’extrême droite. »
Ne pas tout « abandonner » aux « lois du marché »
Avant de présenter la « démarchandisation », Boris Vallaud insiste sur la marchandisation du quotidien. « Des pans essentiels de nos vies sont devenus des produits de consommation, même ceux qu’on n’imaginait pas pouvoir se transformer en marchandise », explique Boris Vallaud sur France Inter ce 23 avril. Il cite « la crèche, l’éducation, l’enseignement supérieur, l’accès à l’eau, aux soins, au foncier, les Ehpad et les pompes funèbres ». Mais aussi tout ce qui a trait au « capitalisme numérique », c’est-à-dire les données relatives à chacun (déplacement, interactions sur les réseaux sociaux) désormais « monétisables ». À l’inverse, la démarchandisation consiste donc à extraire de cette logique marchande (vente/achat) tout ce qui est essentiel à l’individu et aux sociétés.
Boris Vallaud refuse de réduire le projet à des nationalisations massives, une « caricature ». En guise d’exemple, le Landais cite son département, qui l’a appliqué à la politique de gestion de l’eau et des établissements d’accueil pour seniors. « Le retour à une gestion publique de l’eau a permis de faire baisser les prix d’environ 30 %, tout en améliorant l’entretien des réseaux. (…) Même logique pour les Ehpad, dans les Landes : pas d’établissements à but lucratif. Résultat : pas de scandale Orpea, un meilleur encadrement, des prix plus bas et une égalité de traitement entre riches et pauvres », explique-t-il dans une interview au Nouvel Obs. Il estime qu’il convient de trancher « par débat démocratique » quels sont les « domaines essentiels qui ne peuvent pas être abandonnés aux seules lois du marché ».
Démarchandiser, une idée pour rassembler à gauche ?
Ce n’est pas la première fois que Boris Vallaud tente d’imposer le concept dans le débat d’idées politiques. En mai 2025, il avait fait campagne pour la présidence du PS sur ce thème, mais n’avait rallié que 18 % des votants. Deux ans plus tard, le député veut croire que la « démarchandisation » portée à l’échelle nationale est capable de réussir l’impensable : unir la gauche le plus largement possible derrière un candidat alors qu’à un an de l’échéance, les désaccords sont légion. « Ce projet ne divise pas, il unifie les luttes sociales, écologiques, féministes, territoriales, démocratiques », écrit-il dans les dernières pages de son livre.
Une semaine avant la parution de l’ouvrage, lui-même a proposé une troisième voie pour 2027, qui ne passe ni par un ralliement à La France Insoumise ni par une primaire mais en premier lieu par la construction d’un projet autour d’idées. Dont la démarchandisation servirait de base ? L’initiative « Construire 2027 » a en tout cas été lancée avec le sénateur écologiste Yannick Jadot et l’eurodéputé Place Publique, qui revendique le créneau de la « social-démocratie ». Soit le même courant que l’économiste hongrois Karl Polanyi, théoricien du concept de marchandisation à la fin du XIXe siècle, souligne dans Le Monde l’économiste Nicolas Postel, coauteur d’un ouvrage sur le penseur.
Plus surprenant, la proposition de Boris Vallaud a intéressé jusqu’à… Jean-Luc Mélenchon. Le triple candidat à la présidentielle n’est pas étranger au concept, qu’il défend depuis plusieurs années dans le domaine spatial. Il a donc proposé un débat au président du groupe PS à l’institut La Boétie. Boris Vallaud a refusé que l’échange se fasse dans « l’église de la bonne parole de Jean-Luc Mélenchon » mais assure ne pas fermer la porte. « Cela montre que le thème peut rassembler l’électeur de gauche et même déborder la gauche », se réjouit-il auprès de Libération. Jusqu’à un certain point. Sur X, l’Insoumis en chef a fustigé les « paroles sectaires » du socialiste et retiré son invitation. Et voilà l’union autour des idées à nouveau sacrifiée sur l’autel des ego.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Cette situation sera suivie de près par notre rédaction.

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