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25 avril 2026Marie-Thérèse, l’octogénaire française interpellée par l’ICE, raconte sa rétention aux États-Unis
Analyse : Notre équipe propose une synthèse rapide de cette actualité.
Nos rédacteurs considèrent que « Marie-Thérèse, l’octogénaire française interpellée par l’ICE, raconte sa rétention aux États-Unis » est un article à suivre.
Éléments à garder en tête
La Française de 85 ans a été arrêtée le 1er avril à son domicile de l’Alabama, aux États-Unis, où elle vivait depuis le printemps 2025, avec son « amour de jeunesse », Billy, décédé brutalement en janvier 2026. Elle a été écrouée durant dix-sept jours dans les geôles de la police d’immigration américaine, ICE, avant de rentrer en France.
Loin d’elle, l’idée de devenir une icône. En tout, Marie-Thérèse Ross, 85 ans, aura passé dix-sept jours dans un centre de rétention en Louisiane après avoir été arrêtée par la police de l’immigration, ICE, aux États-Unis. Elle a posé le pied sur le sol français le 17 avril et souhaite aujourd’hui se faire « la porte-parole » de ses « codétenues ».
« Je ne veux pas faire parler de moi. Je veux être la porte-parole de mes codétenues. Je leur ai dit: ‘je vais parler de vous pour que les gens sachent ce que vous vivez’. Mon but, c’est de fermer ces établissements », a confié Marie-Thérèse, à peine de retour à Nantes, à nos confrères de Ouest France et du New York Times.
Il est tôt le matin et l’octogénaire n’est même pas habillée, lorsque le 1er avril dernier, l’ICE, donne des coups de pieds dans la porte. Cinq agents, de la très décriée police de l’immigration américaine, pénètrent dans la maison d’Anniston en Alabama, et arrêtent, sans plus d’explication, Marie-Thérèse Ross, 86 ans, Française vivant aux États-Unis depuis le printemps 2025, avec Billy son « amour de jeunesse », soudainement décédé en janvier dernier.
Menottes aux poignets, chaînes aux chevilles…
L’octogénaire n’a pas le temps d’expliquer sa situation. Simplement vêtue de sa chemise de nuit et d’une robe de chambre, les policiers lui menottent les poignets, placent des chaînes à ses chevilles.
En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, elle est placée dans une « minuscule cellule ». Puis, sans interrogatoire ou autre forme de procès, un capitaine décide de l’envoyer en centre de rétention. Le soir même, Marie-Thérèse est envoyée à la prison de Birmingham où sont mis au trou migrants et prisonniers de droit commun.
Ses geôliers la forcent à se déshabiller devant tout le monde, lui font enfiler « une salopette vert de gris, sale » et jetée dans une cellule de quinze personnes, dont une femme droguée qui hurle et une autre accusée du meurtre de son mari. Marie-Thérèse est « terrorisée ».
Trois jours plus tard, l’octogénaire est transférée. Direction un immense centre de rétention à Basile, en Louisiane, à 700 km, géré par un grand groupe privé américain. Avec pour seuls vêtements, sa chemise de nuit et sa robe de chambre, Marie-Thérèse est emmenée à l’aéroport local. Elle patientera toute la journée dans un bus, stationné sur le tarmac, avec d’autres migrants venus des quatre coins du pays, sans eau ni nourriture. « On était enchaînées les unes aux autres, au niveau des pieds », raconte la Française.
Il est deux heures du matin lorsque Marie-Thérèse et les autres, arrivent en Louisiane et découvrent la forteresse. Sous un hangar métallique, une cellule grillagée, renferme 58 détenues. Elle décrit « un ramdam incessant » nuit et jour, les cris, les odeurs d’excréments, les six douches sans rideau, les gardiennes qui « hurlaient tout le temps », les levers à 4h45 pour un semblant de petit-déjeuner.
Des témoignages comme celui-ci, la Kennedy Human Rights en a recueillis en nombre. D’autres pointent des agressions sexuelles, du harcèlement ou encore des refus de soins médicaux. D’ailleurs, Marie-Thérèse se verra refuser des calmants par une infirmière alors qu’elle souffre d’une « crise aiguë de sciatique ».
Dans sa prison, la Française, se raccroche au « bon Dieu », que des « Sud-Américaines adorables », prient en chantant. « C’est grâce à elles que j’ai réussi à tenir. L’une s’était fait arrêter au volant de sa voiture, une autre sous les yeux de ses enfants, devant l’école, qui, depuis, sont gardés par l’une de ses voisines. »
« C’est du racisme »
Marie-Thérèse ne décolère pas. « C’est abominable. Arrêtées à cause de leur peau mate! C’est du racisme. » Et de poursuivre: « les arrestations arbitraires, les chaînes au pied, les appels en pleine nuit, la tenue, orange pour nous les migrants, verte pour les homosexuelles, rouge pour les criminelles, tout ça me rappelle le temps du nazisme. »
Et si Marie-Thérèse compare ce qu’elle a vu à cette période des plus sombres de notre histoire, c’est sûrement parce qu’elle aurait été elle-même dénoncée. Dans son jugement, la magistrate, républicaine, d’Anniston, indique que tout laisse à penser qu’elle a été dénoncée par son beau-fils, un ancien policier.
Son arrestation avait fait du bruit, en France, aux États-Unis et jusque dans les plus hautes sphères de la diplomatie hexagonale.
Interrogé par l’AFP sur les méthodes de l’ICE, et ne parlant pas spécifiquement du cas de la Française, Jean-Noël Barrot a estimé que ce n’étaient « pas des méthodes qui sont nécessairement conformes, je ne parle pas du cas spécifique mais plus généralement, avec celles qui sont en vigueur et acceptables pour nous ».
« Il y a eu des violences qui ont suscité notre préoccupation. Mais l’essentiel, c’est qu’elle soit de retour en France et ça nous satisfait pleinement », a dit le ministre.
« Le pays de la liberté n’existe plus »
Toujours est-il que Marie-Thérèse en veut, à l’ICE, mais aussi à sa belle-famille. « Dès le lendemain de la mort de Billy, ils m’ont fait vivre un enfer. Ils voulaient me mettre à la porte. Je n’ai pas pu faire mon deuil de mon mari », se souvient-elle.
L’octogénaire avait rencontré son défunt mari, vétéran de l’armée américaine, à la fin des années 1950, alors qu’elle travaillait comme secrétaire bilingue sur une base de l’Otan à Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire. À l’époque, elle était tombée follement amoureuse de ce soldat américain. Mais tous deux avaient été séparés par le vie. Bien des décennies plus tard, ils reprennent contact après leur veuvage. Et se marient en 2025.
Marie-Thérèse attend et espère « l’officialisation » de sa carte verte. Elle ne retournera pas vivre aux États-Unis, « le pays de la liberté n’existe plus », mais ira se recueillir sur la tombe de Billy.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Ces informations seront suivies attentivement par notre rédaction.

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