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Un résumé concis de « Il concentre en lui toutes les frustrations de la société américaine » selon notre équipe.
Résumé rapide
Après de nouveaux coups de feu lors d’un gala à Washington, Donald Trump a été évacué ce samedi 25 avril 2026, lors du dîner des correspondants de la Maison Blanche. Comment expliquer cette nouvelle attaque? Pourquoi Donald Trump reste-t-il une cible récurrente? On en parle dans le nouvel épisode du « Titre à la une ».
Le président américain Donald Trump et les participants au gala annuel des correspondants de la Maison-Blanche, à Washington, ont été évacués ce samedi 25 avril 2026 après des coups de feu.
Selon des journalistes de l’AFP et plusieurs témoins, les tirs ont retenti peu après le discours d’ouverture du dîner organisé à l’hôtel Washington Hilton. Les autorités évoquent un « tireur isolé » ayant franchi un aspect clé de contrôle de sécurité dans le hall, à proximité de la salle de bal.
Donald Trump, déjà visé lors d’une tentative d’assassinat pendant la campagne présidentielle de 2024, a réagi en estimant que son action politique pouvait susciter de fortes oppositions. « Je déteste dire que j’en suis honoré, mais j’ai accompli beaucoup de choses. Nous avons changé ce pays, et beaucoup de gens n’en sont pas contents. » at-il déclaré quelques heures plus tard.
Comment expliquer cette nouvelle attaque? Pourquoi Donald Trump reste-t-il une cible récurrente? Pour répondre à ces questions, le podcast du Titre à la une reçoit Olivier Richomme, professeur d’histoire politique des État-Unis à l’Université Lyon 2.
Donald Trump a déjà été visé à deux reprises par des tentatives d’assassinat. Comment expliquer que le président des États-Unis soit à ce point une cible?
Il possède une personnalité particulière. C’est un président qui divise énormément et qui joue beaucoup sur cette division. Nous traversons une époque d’extrême polarisation aux États-Unis; on parle même de « calcification » tant les deux camps ne se parlent plus. L’Amérique bleue et l’Amérique rouge vivent dans deux mondes parallèles, y compris médiatiquement, et ne perçoivent pas la même réalité en lisant les informations. Donald Trump est la cible de nombreuses colères et mouvements divers, car il concentre en lui toutes les frustrations de la société américaine.
Donald Trump apparaît comme le président le plus visé de l’histoire des États-Unis. Est-il le symptôme d’une époque violente ou en est-il aussi l’une des causes?
Les deux. Il en est l’une des causes et un accélérateur, bien que la société américaine fût déjà violente, notamment en politique, bien avant lui. Donald Trump est assurément le symptôme d’une Amérique qui va mal et d’une rhétorique politique qui verse dans la surenchère.
Nous atteignons aujourd’hui le niveau zéro du débat politique. Les Républicains vont utiliser ces événements pour attaquer les Démocrates, une rhétorique que l’on observe depuis longtemps. Cependant, Donald Trump accélère cette évolution par son omniprésence médiatique et ses invectives, voire ses insultes régulières envers la presse. Il constitue une cible idéale dans cette période troublée.
Pourtant dans l’histoire des États-Unis, il y a déjà eu une quinzaine de tentatives d’assassinats contre des présidents. Qu’est-ce qui a changé pour que vous considériez cette époque comme particulièrement violente?
Ces tentatives se retrouvent tout au long de l’histoire américaine, mais Donald Trump a frôlé une balle fatale à l’été 2024. Ce qui s’est passé à la Maison-Blanche ce week-end est plus commun: les services de sécurité ont joué leur rôle face à des individus illuminés. Cependant, on observe depuis une dizaine d’années, avec l’élection d’Obama puis l’arrivée de Trump, une augmentation de la violence vis-à-vis des élus.
Ce ne sont pas seulement les présidents qui sont visés; des élus ont été assassinés et des proches maltraités. Certains élus craignent désormais de s’exprimer par peur de représailles de la part des partisans du président. Cette peur pour leur sécurité est un phénomène nouveau dans l’histoire du pays.
Lors de la prise de parole de Donald Trump, après le dîner de gala, il a utilisé un ton plus détendu. Pourquoi ce changement de registre?
Il est difficile de savoir ce qui se passe dans la tête du président. Il est stratégique de sa part de laisser d’autres mener cette rhétorique dans la presse. Il est préférable que des proches ou des membres du cabinet s’expriment pour que le président reste au-dessus de la mêlée, dans son rôle de rassembleur. Toutefois, par le passé, il n’a jamais tenu cette posture très longtemps. Rien ne garantit qu’il ne reprendra pas ses réseaux sociaux prochainement pour incendier les démocrates.
Il a déjà commencé à utiliser cet événement de façon politique, comme une preuve d’action et d’efficacité. Est-ce nouveau d’utiliser ces tentatives comme une preuve de son action?
Le sentiment de solidarité populaire après une attaque n’est pas nouveau, et les élus savent que cela peut servir leur communication. Trump possède un instinct politique extraordinaire et une grande maîtrise des médias sociaux. Bien qu’il ne se soit pas passé grand-chose lors de cet événement précis, il l’utilise pour se replacer au centre du jeu politique. À l’été 2024, il a eu la présence d’esprit de se relever et de lever le poing en criant « Fight, fight, fight ».
Cette image, qui a fait le tour du monde, prouve un instinct politique incroyable et marquait un moment de bascule pour la campagne présidentielle de 2024.
Cette solidarité se traduit-elle dans les urnes alors que les élections de mi-mandat approchent?
Non, le capital sympathie peut avoir un réaction immédiat juste avant un scrutin. Autrefois, cela durait peut-être plus longtemps, mais aujourd’hui, une actualité en chasse une autre très rapidement. On accorde peut-être 24 ou 48 heures à un incident marquant avant de passer à autre chose, surtout avec Donald Trump qui excelle dans l’art de changer de sujet.
Certaines théories du complot suggérent que Donald Trump instrumentaliserait ces événements pour mettre en scène son propre pouvoir. Quelle est la commentaire de la Maison-Blanche?
C’est très difficile de savoir ce qui se passe au sein de la Maison-Blanche. Il est très isolé. Il s’est entouré de personnes qui questionnent très peu leur positionnement et qui sont fermées vis-à-vis de l’extérieur. On peut imaginer qu’ils se sentent visés, martyrisés.
C’est une situation exceptionnelle, mais il est très difficile, de l’extérieur, de savoir comment elle est vécue. Une chose est sûre: c’est une Maison-Blanche qui fait la part belle aux complots de toutes sortes et qui les véhicule aussi. Je ne serais donc pas surpris qu’il soit sensible aux théories du complot qui viennent aussi de l’extérieur.
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Source : www.bfmtv.com
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