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4 mai 2026Alors que la Chine se montre de plus en plus offensive, le Japon se construit une armée de drones à marche forcée, misant notamment sur des appareils en carton à seulement 2.000 dollars
Analyse : Quelques éléments à retenir de cette information pour nos lecteurs.
Un regard de nos journalistes sur l'article « Alors que la Chine se montre de plus en plus offensive, le Japon se construit une armée de drones à marche forcée, misant notamment sur des appareils en carton à seulement 2.000 dollars ».
Résumé pour le lecteur
Le Japon veut se construire une armée de drones à marche forcée, face aux nouvelles formes que prend la guerre moderne. Avec un investissement massif de plusieurs milliards de dollars, le pays asiatique mise notamment sur de vastes essaims de drones « jetables » peu coûteux.
Le Japon veut se mettre à la page de la guerre des drones. Le 13 avril dernier, le ministère de la Défense a organisé une cérémonie à Tokyo pour marquer la création de deux bureaux spécialisés chargés de « promouvoir l’utilisation des systèmes sans pilote ». Bien que de petite taille, seulement 13 personnes au total, ces deux structures disposent d’un mandat très large. Le bureau de promotion est chargé de l’élaboration des concepts opérationnels, de la recherche et du développement, ainsi que de la formation du personnel.
Le bureau des systèmes, quant à lui, supervise l’acquisition, la logistique et la maintenance des plateformes sans pilote. Les conflits récents, notamment en Ukraine et au Moyen-Orient, ont mis en évidence le rôle central des drones dans la guerre moderne: peu coûteux, facilement déployables et efficaces pour la reconnaissance comme pour les frappes, ils remettent en cause les modèles militaires traditionnels.
Tirant les leçons de ces évolutions, le Japon veut désormais intègrer ces systèmes dans sa stratégie de défense, en misant sur leur combinaison avec l’intelligence artificielle pour transformer ses capacités militaires. « Compte tenu des caractéristiques géographiques de notre pays, nation maritime, nous devons impérativement mettre en œuvre de nouvelles méthodes de combat dans les plus brefs délais », a ainsi commenté le ministre de la Défense nippon Koizumi Shinjiro.
Une statégie de production de masse?
C’est dans cette continuité que le ministère japonais de la Défense a annoncé, le 4 mai sur X, que le Japon avait commencé à utiliser des drones « jetables », en carton, développés par la start-up AirKamuy. Lors d’une rencontre avec l’entreprise, le ministre a confirmé que la Force maritime d’autodéfense les utilisait déjà comme cibles aériennes, marquant une nouvelle étape dans l’intégration des systèmes sans pilote au sein des forces armées.
Baptisé AirKamuy 150, ce drone léger à voilure fixe est principalement fabriqué en carton ondulé imperméabilisé, ce qui le rend particulièrement économique et facile à produire en masse. Son principal atout réside dans son coût: entre 2.000 et 2.500 dollars l’unité, soit bien moins que les drones militaires classiques, souvent facturés de plusieurs dizaines de milliers à plusieurs millions de dollars, et même nettement en dessous des drones Shahed iraniens, qui coûteraient entre 20.000 et 50.000 dollars pièce
La stratégie japonaise reposerait ainsi sur une production de masse rapide en cas de conflit, avec pour objectif de saturer les défenses ennemies grâce à des drones peu coûteux face à des intercepteurs onéreux. Ces appareils pourraient servir à submerger les systèmes de défense aérienne, forcer l’activation des radars, absorber les tirs avant l’engagement d’unités plus importantes, mais aussi assurer des missions de reconnaissance, de guerre électronique ou des frappes ciblées à faible charge.
Le drone peut notamment parcourir environ 80 kilomètres ou voler jusqu’à 80 minutes grâce à une propulsion électrique, en transportant une charge utile d’environ 1,4 kg. Autre avantage clé: ces drones, livrés à plat et assemblables en cinq à dix minutes, permettent d’en stocker près de 500 dans un conteneur maritime standard, facilitant leur déploiement rapide à grande échelle.
« Il existe une forte demande pour des drones à bas coût capables d’opérer en grand nombre et sur de longues distances. Ce modèle peut être fabriqué dans n’importe quelle usine de carton, ce qui garantit une capacité de production de masse élevée et une chaîne d’approvisionnement fiable », a déclaré Yamaguchi Takumi, PDG d’AirKamuy, lors d’un entretien avec NHK World-Japan.
Depuis un revirement politique plus belliciste ces dernières semaines, le ministère japonais de la Défense soutient activement cette transformation par des investissements massifs. Dans le cadre de son plan quinquennal de renforcement militaire, qui s’étend jusqu’en 2027, Tokyo prévoit de consacrer près de 1.000 milliards de yens (environ 6,3 milliards de dollars) à l’acquisition de plusieurs milliers de systèmes sans pilote destinés aux forces d’autodéfense terrestres, maritimes et aériennes.
Plus de 6 milliards de dollars pour les drones
Parallèlement, des drones plus lourds et plus sophistiqués sont à l’étude. Le Japon a par exemple signé un accord avec l’Australie pour coopérer dans le domaine des avions de combat collaboratifs (CCA), notamment autour du Boeing MQ-28A Ghost Bat, un drone conçu pour opérer aux côtés d’avions pilotés et mener des missions autonomes grâce à l’intelligence artificielle.
Malgré cette montée en puissance en terme de drones, les capacités aériennes « plus conventionnelles » du pays restent conséquentes, avec plus d’une centaine de F-15 Eagle produits sous licence, une cinquantaine de F-35 Lightning II (et plusieurs dizaines en commande), ainsi qu’environ une soixantaine de Mitsubishi F-2, dérivés du F-16 américain.
Cette diversification des capacités militaires s’inscrit aussi dans un contexte démographique préoccupant. La population japonaise en âge de travailler devrait chuter d’environ 30% d’ici 2045, ce qui aura un réaction direct sur les effectifs militaires. Dans ce contexte, le recours accru à des systèmes autonomes apparaît comme une réponse stratégique logique, permettant de compenser la diminution des ressources humaines… tout en maintenant un haut niveau de capacité opérationnelle.
Source : www.bfmtv.com
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