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8 mai 2026« Ce n’est pas une maladie aussi contagieuse que le Covid », affirme le professeur Bruno Mégarbane – franceinfo
Analyse : Voici une vue d’ensemble des faits selon notre équipe.
Un résumé rapide de « « Ce n’est pas une maladie aussi contagieuse que le Covid », affirme le professeur Bruno Mégarbane – franceinfo » selon notre rédaction.
Éléments essentiels
Le navire de croisière « MV Hondius » touché par un foyer d’hantavirus doit rester au large des Canaries. Si ce scénario rappelle pour certains le début de la pandémie de Covid-19, le professeur Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation de l’hôpital Lariboisière à Paris, se veut rassurant sur le niveau de contagiosité du virus.
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Le navire MV Hondius où s’est déclaré un foyer d’hantavirus fait route vers les Canaries, mais n’accostera pas, samedi 9 mai, et restera au large des côtes. Selon la ministre espagnole de la Santé, les passagers seront évacués et ne débarqueront que pour leur transfert ou leur rapatriement avec des équipements de protection. L’évacuation se fera donc avec d’autres navires, sauf cas critiques. Tous les étrangers seront rapatriés dans leurs pays respectifs après avoir été examinés. Un troisième ressortissant britannique a été diagnostiqué avec un cas suspect d’hantavirus lié au foyer détecté sur le bateau, a annoncé vendredi 8 mai l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) dans un communiqué. « La période d’incubation, c’est-à-dire la période qui va séparer la contamination de l’expression de la maladie, est en moyenne de 15 jours, mais elle peut aller jusqu’à six semaines », note le professeur Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation de l’hôpital Lariboisière à Paris.
franceinfo : cet hantavirus a-t-il quelque chose à voir avec le Covid ?
Bruno Mégarbane : On a les ingrédients réunis dans un scénario qui ressemble vaguement au début de la Covid-19. Et de ce fait, évidemment, cela génère une angoisse extrême, notamment auprès de la population des Canaries, qui risque d’accueillir des personnes dites « contacts » des cas contaminés, avec bien sûr la peur qu’ils disséminent le virus au sein de la population. En fait, il faut bien distinguer deux phénomènes : le phénomène de la contagiosité et le phénomène de la létalité. Oui, c’est un virus très dangereux, qui est responsable d’une maladie très grave avec une atteinte respiratoire et cardiaque dont la létalité rapportée est de l’ordre de 50%. Mais non, ce n’est pas une maladie aussi contagieuse que la Covid. Malheureusement, l’espèce d’hantavirus dont il s’agit peut se transmettre entre les humains. Mais cette transmission doit mettre en jeu un rapprochement physique relativement important de personnes qui vont rester pendant un certain temps sous le même toit, dans un milieu confiné, généralement partager la même couche, pour que la transmission se fasse. Évidemment, on ne peut pas écarter de façon formelle et à 100% qu’il n’y ait pas eu une modification du virus et une adaptation à la transmission interhumaine meilleure. Mais tout ça reste des hypothèses et le plus probable est qu’il s’agisse d’un foyer épidémique comme on en a connu d’autres avec ce virus et que les choses en restent là.
Cette transmission doit mettre en jeu un rapprochement physique relativement important de personnes qui vont rester pendant un certain temps sous le même toit, dans un milieu confiné, généralement partager la même couche, pour que la transmission se fasse.
Professeur Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation de l’hôpital Lariboisière à Parisà franceinfo
Ce virus est-il déjà présent en France ?
La famille des hantavirus est une famille de virus qui a été identifiée dans les années 70 et les premiers cas bien connus médicalement remontent à la guerre de Corée où il y a eu 3 000 soldats contaminés. Donc c’est une maladie qui est là depuis longtemps et que l’on connaît plus ou moins. En fait, il y a plusieurs espèces d’hantavirus : on dénombre jusqu’à 53 virus différents. Il y a des espèces qui sévissent dans l’Ancien Monde, c’est-à-dire en Europe et en Asie, et d’autres plus spécifiques qui sévissent en Amérique. La souche dont il est question, la souche des Andes, sévit uniquement en Amérique du Sud, et n’existe donc pas en Europe ou en Asie, car son réservoir naturel est constitué par une espèce de rat qui n’existe qu’en Amérique.
Des personnes sont-elles déjà touchées en France ?
Il y a au moins deux autres espèces bien connues d’hantavirus qui infectent les populations de rongeurs, sauvages ou des villes en France et régulièrement il y a à peu près une vingtaine à une trentaine de cas annuellement en France métropolitaine. La forme que l’on connaît sur le continent européen et asiatique est une forme beaucoup moins grave que la forme du Nouveau Monde. C’est une forme que l’on appelle avec fièvre hémorragique et syndrome rénal. Elle a une létalité beaucoup plus faible, de l’ordre de 2 à 3%, contrairement à la forme américaine qui, elle, atteint le système respiratoire et cardiaque à une létalité mesurée de l’ordre de 50 %. D’ailleurs, on voit que sur le bateau, eu égard au nombre de personnes porteuses du virus et au nombre de personnes décédées, on n’est pas très loin de cette létalité importante. Alors, il faut juste être rassurant quand même. C’est vrai qu’il n’existe pas de traitement antiviral spécifique, mais on peut tout à fait soigner les personnes à l’hôpital comme on l’a fait pour la Covid et bien sûr réduire le risque de décès. On a des moyens symptomatiques de traitement des défaillances de chaque organe en cause.
Peut-il y avoir à bord des personnes qui n’ont pas de symptômes, mais qui sont tout de même infectées par le virus ?
La période d’incubation, c’est-à-dire la période qui va séparer la contamination de l’expression de la maladie, est en moyenne de 15 jours, mais elle peut aller jusqu’à six semaines. le situation qu’il n’y ait plus de personnes avec des symptômes ne veut pas dire que ces personnes ne sont pas en phase d’incubation. C’est d’ailleurs là la difficulté, de pouvoir identifier avec certitude que les personnes asymptomatiques ne sont pas porteuses du virus, alors même qu’elles ont peut-être été en contact avec des cas contaminés. Et malheureusement, on ne sait pas, parce qu’on n’a pas suffisamment de recul et d’études, si des tests virologiques négatifs écartent définitivement le portage ultérieur et l’expression de la maladie ultérieure par ce virus.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être suivis pour fournir une analyse complète.

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