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une jeune femme de 19 ans meurt dans un incendie, une trottinette électrique pourrait être à l’origine du feu – franceinfo
20 avril 2026« Le doute est toujours permis », les zones d’ombre de l’affaire Émile racontées dans un livre par le journaliste Valentin Doyen
Analyse : Quelques éléments à retenir de cette nouvelle selon nos journalistes.
L'équipe propose un aperçu synthétique de « « Le doute est toujours permis », les zones d’ombre de l’affaire Émile racontées dans un livre par le journaliste Valentin Doyen ».
Points saillants
Ce mercredi 8 avril est publié le livre enquête de Valentin Doyer sur l’affaire du petit Émile. Ancien chef de bureau de BFM dans les Alpes-de-Haute-Provence, le journaliste spécialisé a quitté la chaîne pour se consacrer entièrement à l’affaire qui a bouleversé sa carrière et sa vie.
À 35 ans, Valentin Doyen reste ce « journaliste hyper local », défenseur de la proximité. Il vit dans les Alpes-de-Haute-Provence et est alors présentateur de la chaîne locale de BFM DICI quand le petit Emile disparaît en juillet 2023. Cette affaire l’a profondément marquée. Près de 3 ans plus tard, il publie « Emile, les zones d’ombre de l’enquête » aux éditions Fayard ce 8 avril. Pour France 3 Paca, il revient sur ce besoin de raconter.
Vous parlez de « zones d’ombre » quant à l’enquête sur la disparition et la mort d’Émile. Qu’ignore-t-on aujourd’hui dans cette enquête ?
Valentin Doyen : Il y a d’abord beaucoup de choses que l’on croit savoir. Sur le papier, l’affaire semble simple. Dans le livre, j’arrive à donner des clés aux lecteurs pour qu’ils puissent douter et se dire que c’est plus complexe. Je ne vais pas rentrer dans le détail pour préserver la surprise mais les zones d’ombre sont des éléments à investiguer. Peut-être au cœur de la famille mais pas que. Aussi chez les habitants du village du Vernet dans les Alpes-de-Haute-Provence, chez les habitués de l’endroit où Émile a disparu et où il est décédé. Il y a parfois des incohérences dans des déclarations et beaucoup de mystères.
Ces mystères sont-ils la raison pour laquelle l’enquête est si ardue et laborieuse ?
V.D : On est presque trois ans après la disparition d’Emile, en 8 juillet 2023. Aujourd’hui, on n’a toujours pas de corps complet de l’enfant. Il n’y a que la moitié d’un crâne qui a été retrouvé. Il n’y a pas de mobile. Il n’y a pas de revendication. Et il n’y a aucune mise en examen. Donc c’est un grand mystère. C’est difficile pour les enquêteurs car il n’y a presque rien, aucune preuve irréfutable. Et ça, j’arrive à le démontrer dans mon livre.
Aujourd’hui quelles sont les étapes attendues de l’enquête ?
V.D : Je pense que des prélèvements ADN sont toujours en cours, une centaine déjà a été effectuée. Cela peut durer plusieurs mois pour les comparer. Mais si un ADN correspond, cela peut faire basculer l’enquête du jour au lendemain. Ce qui est sûr, c’est que les enquêteurs ne lâchent pas. Il y a toujours six gendarmes qui travaillent quotidiennement sur l’affaire.
Quel est votre objectif dans ce livre : faire douter le lecteur ?
V.D : C’est de se dire qu’à la sortie du livre, de mon enquête qui dure quotidiennement depuis juillet 2023, le doute est toujours permis. Chaque protagoniste dans ce dossier, peu importe ce qu’on en pense, bénéficie de la présomption d’innocence. Celle-ci a quelque peu été bafouée par la presse dans le passé. Et je m’inclus évidemment dedans. J’étais en première ligne pour m’intéresser à toutes les personnes du dossier. Or, je doute. On peut avoir une intime conviction, c’est normal. Mais aujourd’hui, personne ne peut assurer avec certitude qu’un tel ou un autre a fait du mal à Émile.
Est-on face à un nouveau « petit Grégory » ?
V.D : Il y a de grandes différences. Dans l’affaire du petit Grégory en 1984, on retrouve son corps. On sait qu’il a été assassiné. Il y a une lettre d’un corbeau qui revendique l’acte probablement commis dans la sphère familiale. Pour Émile, on ne sait rien et on n’a pas retrouvé l’intégralité de son squelette. Même s’il y a beaucoup de lettres, il n’y en a pas une précise et circonstanciée qui donne des éléments pour comprendre ce qui s’est passé. Il n’y a aucune revendication, aucun mobile. Hormis que ce sont deux enfants et deux tragédies, ces affaires n’ont rien en commun.
Mais dans les deux cas il y a eu un emballement de la machine médiatique ?
V.D : Je vais reprendre les mots du grand reporter Laurent Valdiguié qui dit que pour faire un dossier ultra-médiatique, il faut de la tragédie et du mystère. Malheureusement, cette affaire Émile coche les deux cases. Moi-même, j’ai sorti des infos parfois très pertinentes pour la compréhension du dossier et parfois moins utiles, à des fins d’audience et pour faire du clic. Je le reconnais et je l’explique dans le livre en toute transparence.
Pour autant, on ne peut pas jeter l’opprobre sur toute une profession car si cela fait de l’audience c’est aussi parce qu’une société consomme. Cette histoire intéresse car elle est devenue l’affaire de tous. En effet, les proches d’Émile n’ont pas d’autre choix que de partager ce petit enfant avec des millions de Français qui le pleurent. Il est devenu le fils et le petit-fils de millions de personnes.
Selon vous, quels sont le ou les tournants de l’affaire ?
V.D : Les gardes à vue des quatre proches d’Émile, ses grands-parents, son oncle, une tante en mars 2025. C’est un grand tournant car le procureur nous indique à ce moment-là les nouvelles qualifications : l’homicide volontaire et le recel de cadavres. On a donc la quasi-certitude qu’Émile a été tué et que son corps a été déplacé. C’est brutal. À cet instant, beaucoup pensent que les grands-parents vont être mis en examen pourtant ils ressortent libres, sans aucune poursuite. Sans pour autant que la piste familiale soit refermée. Cela remet une pièce dans ce grand mystère judiciaire. Et personnellement, ça coïncide avec le moment où je démissionne de BFM pour fuir l’affaire et son mystère car cela m’écrase.
Pourquoi avoir démissionné ?
V.D : Tout était beaucoup trop difficile pour moi à gérer au quotidien. J’ai commis l’erreur de transposer cette affaire sur ma vie de famille, et notamment sur la relation que j’ai avec mon jeune fils Roméo qui a l’âge d’Émile. Quand je le voyais courir ou faire de la trottinette, je pensais à Émile qui aurait probablement fait la même chose. D’ailleurs, j’ai dédié ce livre à mon fils mais également à Émile. Parce que je pense que ces deux enfants auraient dû vivre, grandir et rire ensemble dans le même monde. On ne peut sortir que différent d’une telle affaire quand on est père de famille.
Pourtant vous êtes devenu spécialiste du dossier. Pourquoi avoir continué à mener l’enquête ?
V.D : Quand je quitte BFM je souhaite arrêter mon métier parce que c’est trop difficile, trop compliqué. Mais mon départ ce 13 mars 2025 coïncide avec le retour des enquêteurs au Vernet. Ils viennent saisir une jardinière et fouiller une église dans le hameau où Émile a disparu. BFM TV me demande de couvrir les gardes à vue et la maison d’édition Fayard remarque mon travail et me propose alors d’écrire ce livre. J’ai pris plusieurs semaines de réflexion avant d’accepter.
Ce que je pensais être l’affaire d’un samedi est devenu l’affaire d’une vie
Valentin Doyenà France 3 Provence-Alpes
Qu’est-ce qui vous a poussé à dire oui ?
V.D : Écrire c’est aller au bout d’un cheminement personnel et de cette enquête commencée deux ans auparavant. Je voulais aussi connaître la vérité même si je ne suis pas certain qu’on l’aura un jour. Je pense aux parents d’Émile qui la veulent plus que tout. J’ai donc décidé de m’y replonger avec une vraie intensité, jusqu’à ce que je puisse, entre autres, rencontrer les grands-parents d’Émile. Ce dossier a quelque chose de viscéral et j’y suis toujours profondément lié.
Mais j’ai hésité, effrayé par un engagement démesuré et chronophage dans un dossier complexe et difficile psychologiquement. Je suis aussi gêné par l’idée de gagner de l’argent sur un malheur. Ce pour quoi j’ai décidé d’emblée de reverser une partie des droits à l’association de protection d’enfance SOS Villages d’Enfants dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Vous habitez vous-même le département, était-ce un avantage pour cette enquête ?
V.D : Sans aucun doute. Déjà parce que je crois fermement au journalisme local et de proximité. Je n’avais pas le réseau des cadors de police justice de la presse nationale mais j’avais le contact avec les gens du coin. Ceux-ci se confient plus facilement à un reporter qu’ils voient tous les jours. On me parle comme si je suis un prolongement de l’enquête car j’y travaille au quotidien, pas seulement quand il y a un coup d’accélération.
Mais c’est évident qu’on est sur une ligne de crête. On tisse des liens avec des gens qui souffrent, la famille bien sûr et ces villageois qui ne savent pas ce qu’il s’est passé. Je pense aussi aux enquêteurs qui sont dessus sans relâche depuis trois ans. L’affaire Émile c’est un tsunami dans le quotidien. Ce que je pensais être l’affaire d’un samedi est devenu l’affaire d’une vie.
Valentin Doyen dédicacera son ouvrage dans plusieurs librairies ces prochaines semaines, notamment :
- Jeu. 9 avril : Auchan Manosque (10h)
- Ven. 10 avril : Leclerc Hyères (9h30)
- Sam. 11 avril : Carrefour Digne-les-Bains (9h30 – 12h30) & Leclerc Gap (14h)
- Dim. 12 avril : Salon du Polar à la FNAC Paris-Bercy (14h)
- Mer. 15 avril : Super U Embrun (9h30)
- Sam. 18 avril : Hyper U Manosque (9h30 – 12h30) & Cultura Aubagne (14h)
- Lun. 20 avril : Intermarché Barcelonnette (10h)
- Mer. 22 avril : Super U Sisteron (9h30)
- Ven. 24 avril : Cultura La Garde-Toulon (9h30)
- Sam. 25 avril : Leclerc Saint-Raphaël (9h30 – 12h30) & Leclerc Brignoles (14h)
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être analysés pour informer nos lecteurs.

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