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20 avril 2026Comment l’Iran perturbe le détroit d’Ormuz avec sa « flotte moustique », mettant le commerce sous tension
Analyse : Voici une vue d’ensemble des faits selon notre équipe.
Notre équipe propose une synthèse des informations de « Comment l’Iran perturbe le détroit d’Ormuz avec sa « flotte moustique », mettant le commerce sous tension ».
Points saillants
La situation reste très tendue dans le détroit d’Ormuz, près duquel un cargo iranien a été pris pour cible par la marine militaire américaine. Après en avoir annoncé l’ouverture puis le reverrouillage, l’Iran continue de perturber la navigation dans la zone alors que doivent se tenir de nouveaux pourparlers avec Washington au Pakistan.
Mais comment la République islamique, dont 90 % de la marine a été coulée selon les estimations du Pentagone, peut-elle espérer peser sur le trafic maritime mondial ? La réponse se trouve du côté de la « flotte moustique ». Mise au point par les Gardiens de la révolution iraniens, cette myriade de petites embarcations est capable de harceler et d’attaquer furtivement les navires commerciaux et militaires, d’où la comparaison avec les insectes suceurs de sang.
Cette flotte « fonctionne davantage comme une force de guérilla en mer » et « se spécialise dans la guerre asymétrique », analyse Saeid Golkar, professeur de sciences politiques à l’université du Tennessee, interrogé par le New York Times. En misant sur des embarcations rapides et légères plutôt que sur de « grands navires de guerre », les Iraniens peuvent mener des « attaques éclair » loin des « batailles navales classiques », développe le spécialiste des Gardiens de la révolution.
L’autre point commun entre cette flotte et les moustiques : elle est difficile à neutraliser. Lors d’une conférence de presse le 8 avril, retranscrite sur le site du Pentagone, le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées des États-Unis, affirmait que « les forces interarmées ont coulé plus de 90 % de la flotte iranienne régulière », mais seulement « la moitié » des « petits bateaux d’attaque ». Le militaire américain s’est gardé d’avancer leur nombre, dont les estimations vont de quelques centaines à plusieurs milliers selon la presse internationale.
Des bateaux dissimulés le long des côtes iraniennes
Plus petits que ceux de la flotte iranienne régulière, les bateaux de la « flotte moustique » peuvent se cacher « dans des grottes ou des abris construits sous les roches », pointe franceinfo, selon qui ils « sont dissimulés tout au long des centaines de kilomètres de côtes iraniennes ». En faisant des pics de vitesse parfois au-delà des 150 km/h, ils échappent au radar et peuvent s’approcher de navires beaucoup plus gros, qu’ils attaquent avec des armes légères, du drone au lance-roquettes en passant par les mitrailleuses.
Mais cette guerre à coups de « piqûres » peut-elle suffire à déstabiliser le commerce mondial ? Oui, selon Farzin Nadimi, spécialiste de la marine du Corps des Gardiens de la révolution et auteur en avril 2020 d’un texte sur l’« évolution de l’approche de l’Iran en matière de guerre navale asymétrique » pour le Washington Institute, un think tank basé dans la capitale fédérale américaine.
« Compte tenu de la dépendance des pays industrialisés vis-à-vis des importations de pétrole […], même des perturbations mineures dans l’approvisionnement de pétrole ou de GNL [gaz naturel liquéfié] […] mettraient le marché à rude épreuve, avec des conséquences économiques potentiellement importantes », affirmait l’expert, près de six ans avant l’escalade guerrière entre Téhéran et Washington. « Cette vulnérabilité […] confère à l’Iran quelques leviers de négociation face aux grandes économies mondiales », estimait-il.
Reste que, comme le pointait Farzin Nadimi, l’économie iranienne est « fragile » et « dépendante » de la circulation dans le détroit d’Ormuz. De quoi convaincre l’Iran de calmer le jeu dans cette région ? L’issue diplomatique à la guerre semble plus qu’incertaine puisque Téhéran n’a pas pris « à ce stade » de décision quant à sa participation aux nouveaux pourparlers avec les États-Unis, annoncés pour ce lundi à Islamabad.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les prochaines informations permettront de mieux comprendre les enjeux.

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